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    Les comptes-rendus des séances sont rédigés par les membres du Club de lecture.


    Club de lecture du 21 Mars 2017 : sujet libre

    Nord et sud, d'Elizabeth GASKELL (1810-1865), écrivaine britannique.
    Après une enfance passée dans le sud de l' Angleterre, Margaret Hale, fille de pasteur, s'installe avec ses parents dans une ville du nord. Témoin des luttes entre ouvriers et patrons, sa conscience sociale s'éveille. Le propriétaire d'une filature incarne tout ce qu'elle déteste : l'industrie, l'argent et l'ambition. Malgré une hostilité affichée de la part de la jeune fille, il tombera sous son charme. Roman passionnant aussi bien par le contexte social que par la magnifique histoire d'amour.

    La musique des anges (2003) de Catherine BENSAID , psychiatre et psychothérapeute française.
    Cet ouvrage nous montre comment apprivoiser le silence pour réapprendre à écouter les autres et soi-même. La musique des anges résonne en nous et porte nos forces intérieures. Ne rendons jamais banale la splendeur du monde qui nous entoure, soyons toujours ouverts à sa beauté. Livre profond et poétique.

    L'amour de toute une vie ou dans les pas de Tourgueniev (2005) de Robert DESSAIX, né en 1944, romancier, essayiste, traducteur et journaliste australien.
    Au cours de nombreux voyages, l'auteur va emmener le lecteur dans les lieux fréquentés ou habités par Tourgueniev : la  Russie évidemment, Paris, Baden-Baden, Londres, Courtavenel et Bougival. Mais il nous entraîne surtout « au coeur d'un grand mystère » : le grand Amour de Tourgueniev pour la cantatrice Pauline Viardot. Il l'a suivie partout pendant 40 ans, cette liaison était connu de tous mais jusqu'où allait-elle ? L'auteur a tenté de percer le secret de manière tout à fait originale. Belles descriptions et grande connaissance de l'écrivain russe en font un beau livre agréable à lire.

    *L'échange des princesses  (2013) de Chantal THOMAS, romancière française née en 1945.
    En 1722, à la croisée des royaumes et des chemins, l'infante d'Espagne et la fille du régent de France, Mademoiselle de Montpensier sont encore des enfants. La première doit épouser le très jeune Louis XV, la seconde l'héritier du trône espagnol. Ce chassé-croisé dans la cour des grands signera-t-il la fin de leur insouciance ? Roman historique et émouvant sur les coutumes  de l'époque.

    *La première chose qu'on regarde (2013) de Grégoire DELACOURT, écrivain français né en 1960.
    Il s'agit de la rencontre de deux jeunes êtres fragiles, Arthur Dreyfuss et Jeanine Foucamprez qui est le sosie de l'actrice américaine Scarlett Johansson. Un amour naissant entre eux laisserait à penser qu'ils pourraient se reconstruire ensemble mais pour Jeannine, il y a quelque chose de cassé en elle. Elle finira par se tuer volontairement dans un accident de voiture. Roman triste et déprimant.

    Etre ici est une splendeur : vie de Paula M. Becker ( 2016) de Marie DARRIEUSSECQ, écrivaine française née en 1969.
    Biographie de cette artiste-peintre allemande, expressionniste (1876-1907) qui a peint surtout des femmes dans leur vérité, la maternité et la décadence. Elle montre avec vivacité et empathie, la lutte de cette femme parmi les hommes et les artistes de son temps, ses amitiés (notamment avec Rainer Maria Rilke), son désir d'expression et d'indépendance sur lesquels elle insiste particulièrement. Livre agréable à lire.

    Club de lecture du 21 Février 2017 : Umberto Eco.

    Écrivain italien (1932-2016), universitaire et grand érudit, Umberto Eco a publié de nombreux essais sur la sémiotique (science des signes), l'esthétique médiévale, la communication de masse , la linguistique et la philosophie. Il est surtout connu du grand public pour ses œuvres romanesques dont «  Le nom de la rose » paru en 1982.

    Comment voyager avec un saumon ou nouveaux pastiches et postiches (2000)
    Cet ouvrage rassemble toutes les nouvelles de l'auteur éditées en Italie dans un hebdomadaire de 1975 à 1996. Il s'agit de textes courts où il nous livre ses réflexions amusantes, décalées sur notre monde moderne, en montrant l'absurdité et la bêtise de ses contemporains. Fin lettré, U. Eco abuse souvent de ses connaissances livresques et lasse parfois le lecteur. L'ensemble est un peu inégal et certains chapitres sont même incompréhensibles.

    *Histoire de la  Beauté (2004)
    Qu'est-ce que la Beauté ? Qu'est-ce que l'art, le goût, la mode ? Le Beau est-il quelque chose que l'on peut définir rationnellement ou s'agit-il d'une appréciation purement subjective ?  Ainsi commence l'exploration d'U. Eco au coeur de l'esthétique. A travers une étude détaillée des plus grandes œuvres de la culture occidentale, l'auteur dresse un état des lieux complet des multiples facettes de la Beauté, véritable voyage dans le temps, de la Grèce Antique jusqu'à nos jours. Bel ouvrage, très bien illustré. A noter également dans la même collection « L'histoire de la Laideur ».

    *La mystérieuse flamme de la reine Loana (2005)
    Roman illustré, en 3 parties : Yambo, le héros, à la suite d'un accident cérébral sort du coma en ayant oublié tout son passé. Son épouse et son médecin lui apprendront qu'il vit en 1991, qu'il a presque 60 ans, qu'il a des enfants et petits-enfants et qu'il est un libraire-antiquaire mondialement connu. Dans la 2ème partie, il se rend sur leurs conseils dans la maison de campagne familiale où il redécouvre les lectures de son enfance et la collection de livres de son grand-père également libraire. Dans la 3ème partie, un nouvel accident cérébral le replonge dans le coma où il retrouve à l'insu de tous la mémoire, notamment son rôle tragique dans la résistance et son inoubliable amour de jeunesse. Fresque intime et historique, qui restitue à travers les yeux d'un enfant la chronique familiale et politique des 20 années de fascisme italien, illustrée par des bulles de BD, des dessins et des photos, des revues et des chansons de l'époque. Roman original sur la mémoire dont le titre renvoie à une héroïne de BD,  mais très personnel, avec trop de longueurs.

    Numéro zéro (2015)
    L'auteur a choisi le monde journalistique d'investigation pour révéler certains « secrets d'Etat » de l'histoire italienne, parus dans les journaux de l'époque et vite classés dans les faits divers, comme le mystère autour de la mort de Mussolini. Le début du livre révèle également les méthodes de travail des 6 journalistes embauchés pour le lancement du 1er numéro zéro.
    Ecrit dans un style compliqué , ce livre difficile à lire reste  néanmoins intéressant.


    Club de lecture du 31 Janvier 2017 : les écrivains coréens

    * Les sombres feux du passé de Chang-Rae LEE (2001), réfugié aux Etats-Unis dès son plus jeune âge, considéré comme une des nouvelles figures de la littérature américaine.
    Monsieur Hata , discret et très respecté, mène une vie irréprochable dans l'état de New York. Ayant adopté une fille d'origine coréenne, celle-ci lui causera bien des soucis. Des souvenirs de la Seconde Guerre mondiale lui reviendront sans cesse alors qu'il était officier de santé dans un camp où 5 jeunes coréennes étaient amenées pour le « réconfort » des soldats. Hanté par ce passé, le récit se déroule dans une ambiance pesante. Trop de longueurs, lecture peu intéressante.

    * Le poète de  Mun-Yol YI (2001)
    Issu d'une famille très aisée à l'origine mais déchue par une malédiction durant trois générations, le héros, érudit et poète, va tenter durant toute sa vie de reconquérir son niveau social d'autrefois. Malgré son talent, il n'y parviendra jamais et finira dans l'errance et le désespoir. Roman triste par cette quête douloureuse. Quelques citations très poétiques.

    *Monsieur Han, de Sok-Yang HWANG (2010)
    L'auteur relate une chronique de faits réels, à savoir la vie de son oncle maternel, médecin du nord de la Corée qui, exilé au sud en 1951 lors de la guerre, fut victime, comme des milliers de coréens, des pièges du combat. Suspecté, emprisonné, torturé, il mourut abandonné des siens, dans la plus tragique misère morale, affective et physique. Livre confus, qui nécessite une relecture.

    * Saumon, de Do-hyun AHN (2011)
    C'est un livre pour vivre, rêver, aimer avec les saumons car ils ont beaucoup de choses à nous apprendre. Il est indispensable de les regarder avec le coeur, c'est à dire d'avoir le désir de saisir ce que les yeux ne voient pas et d'être ainsi capable de percevoir l'invisible. Texte pas très passionnant.

    *Ma mémoire assassine, de Young- Ha KIM (2015)
    Un ex-tueur de 72 ans atteint de la maladie d'Alzheimer, décide, avant que celle-ci ne le réduise à néant, de tuer celui qui va devenir son futur gendre. Polar terrifiant où le lecteur est partagé entre la compassion et l'indignation, la tension augmentant tout au long des pages. Le suspense reste entier et le dénouement spectaculaire. Livre très intéressant qui tient en haleine jusqu'à la fin.

    Et un auteur vietnamien :
    Khmer Boléro, de Dô KHIEM (2013), né au Vietnam en 1955, romancier, poète, essayiste et scénariste, il compte parmi les écrivains les plus novateurs de la littérature vietnamienne actuelle.
    Dans ce 1er roman écrit en français, l'histoire se déroule d'abord en Thaïlande puis au Vietnam et au Cambodge. Kim et Nam, anciens amants à Paris, se retrouvent par hasard à Bangkok où ils tentent de renouer. Livre difficile à lire, avec des tournures inhabituelles. Voyage, amour et sexe font de cet ouvrage un mélange étonnant, loin de l'idée que l'on peut se faire de la littérature asiatique.

    Club de lecture du 10 Janvier 2017 : sujet libre.

    L'espionne, de Paulo COELHO (2016), écrivain brésilien né en 1947. Biographie romancée de Mata Hari s'appuyant sur des faits réels, présentée comme une danseuse parfois prostituée et non comme une espionne, plutôt victime de ses succès internationaux. Aucun de ses puissants amis ne lui viendra en aide à l'heure de son procès hâtif et bâclé. Elle affrontera en grande dame le peloton d'exécution. Lecture agréable.

    *Ceux du château, ceux du moulin, de Hélène LEGRAIS (2015), romancière française née en 1961. L'histoire se passe à la fin du XIXème siècle entre deux familles du pays catalan qui s'affrontent pendant des décennies, entraînant par la suite malaise et incompréhension. Le sujet principal est la fabrication des espadrilles pour enfin arriver à une fin harmonieuse avec la réouverture de l'industrie sandalière  dans les années 1990. Roman sur la ruralité, agréable à lire.

    Les oies des neiges, de William FIENNES (2014), écrivain anglais né en 1970. A la suite d'une maladie grave, l'auteur en cours de convalescence redécouvre avec intérêt un livre d'enfance «  L'oie des neiges » qui lui donne la passion de ces palmipèdes. Il décide alors de partir et de suivre le chemin des migrations des oies, du golfe du Mexique vers le Nord du Canada. Livre écrit de façon réfléchie, calme et douce, dans un vocabulaire simple. Intéressant malgré quelques longueurs.

    *Battement d'ailes, de Milena AGUS (2008), romancière italienne née en 1959. Un lieu enchanteur en Sardaigne. Sur la colline qui domine la mer, au milieu des terres arrachées au maquis, se tient la maison de Madame, dernier bastion de résistance aux barres à touristes. Madame est hors norme. Quand malgré les rites magiques le grand amour se dérobe, elle court se cacher à la plage et nage vers le large. Madame dérange, mais beaucoup de gens l'aiment. Bon roman, très chaleureux.

    *Le monde du bout du monde, de Luis SEPULVEDA (1993), écrivain chilien né en 1949. Un jeune garçon décide de s'embarquer sur un baleinier suite à la lecture de «  Moby Dick » mais le dépeçage d'un cachalot lui ôte ses illusions.20 ans plus tard, engagé dans une association dénonçant les tueries illégales des baleines, il décide de révéler au monde entier les agissements des pêcheurs japonais dans les mers australes. Livre empreint de poésie et de sensibilité.

    Usages du monde, de la Baronne STAFFE (1889), pseudonyme, de son vrai nom Blanche-Augustine-Angèle Soyer (1843-1911), a vécu à Savigny sur Orge, célèbre en son temps pour ce best-seller sous-titré les règles du savoir-vivre dans la société moderne. Le lecteur y trouvera autant un document essentiel sur la vie mondaine de la Belle Époque, ses codes stricts et ses règles de bon sens, qu'un rappel utile de quelques politesses apparemment surannées, mais toujours bonnes à entendre, et à pratiquer !

    * Le retour au pays natal,  de Thomas HARDY (1878), écrivain britannique (1840-1928). Clym Yeobright est de retour dans le Wessex. Jeune diamantaire installé à Paris, il ne repartira pas. Happé par la logique du malheur, il perdra la considération de sa mère, une maladie des yeux le contraindra à renoncer à ses ambitions de maître d'école ; enfin sa femme, beauté païenne rêvant de Paris, se noiera dans les desseins libertins du cousin de Clym. Grand roman d'amour et de désillusions dans une contrée sauvage et omniprésente, aux merveilleux motifs de paysage anglais. On y retrouve l'univers noir de « Tess ».

    *Vingt- quatre heures d'une femme sensible de Constance de SALM (1767-1845). Véritable petit bijou, ce roman épistolaire publié en 1824 présente 44 lettres pour dire 24 heures de fièvre, de doute et de désespoir d' une femme au cours d'une nuit d'insomnie. Tous les fans de Stefan Zweig s'y retrouveront. Ce livre est également disponible en version e-book gratuit à l'adresse : https://beq.ebooksgratuits.com/vents/Salm-femme.pdf


    Club de lecture du 13 Décembre 2016 : sujet libre.

    *Une semaine de vacances, de Christine ANGOT (2012), écrivaine française née en 1959.
    Ce livre parle d'un père qui va prendre des vacances à la campagne avec sa fille. Père incestueux et criminel dont on apprend comment il va s'y prendre pour abuser de sa fille, qui vit un enfer psychologiquement et physiquement. Récit sans doute autobiographique dont la lecture ne peut que susciter horreur et révolte.

    *Nos âmes la nuit, de Kent HARUF (2014), écrivain américain (1943-2014).
    Au fin fond de l'Amérique puritaine, une vieille dame septuagénaire demande à son voisin du même âge et également veuf de venir la nuit lui tenir compagnie dans son lit, en tout bien, tout honneur. Au bout de ces échanges paisibles et tendres, ces deux âmes vont finir par s'aimer mais vont aussi rencontrer l'opposition cruelle de leurs enfants respectifs et du qu'en dira-t-on.
    Très beau roman, original, émouvant et poétique sur la vieillesse et la solitude.

    *Jamais sans elles, de Patrice DUHAMEL (journaliste) et Jacques SANTAMARIA (scénariste), sous-titré « des femmes d'influence par des hommes de pouvoir » (2015).
    Qu'elles soient grand-mères, mères, épouses, filles, maîtresses, confidentes, leur rôle a été primordial auprès d'hommes tels que Napoléon, Charles de Gaulle , Jacques Chirac etc...Elles ont fait avancer la cause des femmes mais il reste encore du chemin à faire. Ouvrage très intéressant.

    *Dieu n'habite pas La Havane, de Yasmina KHADRA (2016), écrivain algérien francophone, né en 1955.
    La Havane, Fidel Castro est encore au pouvoir mais le régime castriste tire à sa fin.  Dom Fuego  le narrateur et protagoniste du récit, se raconte : d'abord ses succès, puis la fin de sa carrière lorsque l'Hôtel Buena Vista est repris et qu'il se retrouve au chômage. Il rencontre une jolie fille dont il devient le protecteur avant d'en tomber éperdument amoureux malgré leur différence d'âge. Mais les difficultés vont s'enchaîner et entraîner un suspense tout au long du livre.
    Beau roman, toujours aussi bien écrit, rempli de questions, de doutes et d'amitié.

    *Capitaine Frites, de Arnaud Le Guilcher (2016), écrivain français, né en 1974.
    Pour se sortir du cauchemar d'un mariage difficile, le héros décide de partir loin de Paris. Il échoue dans un pays africain imaginaire, où le lecteur est pris dans un tourbillon de situations burlesques et désopilantes. L'arrivée de l'épouse furieuse d'avoir été reléguée ne va pas arranger la vie plus sereine que son mari avait envisagée.
    Roman drôle, au style alerte, avec beaucoup de calembours, mais parfois lassant.

    Club de lecture du 29 Novembre 2016 : François Cheng.

    Né en 1929, écrivain, poète et calligraphe chinois, naturalisé français en 1971, membre de  l'Académie Française depuis 2002.

    Le Dit de Tianyi ( 1998, Prix Femina)
    Au cours d'un voyage en Chine, l'écrivain retrouve un peintre nommé Tianyi, qu'il avait connu auparavant. Celui-ci remet ses confessions écrites à l'auteur. Tianyi a vécu l'avant-guerre dans une Chine imprégnée de traditions. Puis il est parti en Occident, où il a connu la misère et découvert une nouvelle vision de la vie et de l'art. Il revient ensuite dans son pays, soumis aux bouleversements de la révolution. Il tente de retrouver des êtres qui lui sont chers. Mais la vie les emmènera tous dans des tourmentes…                                           Premier roman de l'auteur, très bien écrit dans une langue très poétique.

    L'éternité n'est pas de trop ( 2002)
    Au XVIIème siècle, à la fin de la dynastie Ming, époque de bouillonnement et de bouleversement, un homme qui n'a pas encore prononcé ses vœux décide de quitter son monastère pour retrouver, trente ans plus tard, la seule femme qu'il ait jamais aimée.
    Magnifique histoire d'amour de deux être blessés par la vie que l'éternité va réunir.
    Récit pathétique, poétique, émouvant d'une situation où l'interdit fait office de loi.
    Très apprécié par les lectrices à la fois pour l'intérêt du roman et de la culture chinoise.

    Quand reviennent les âmes errantes ( 2012)
    Trois personnages se trouvent dans la tourmente de l’écroulement du dernier royaume indépendant devant le tyran qui prendra le nom de Premier empereur (fin du IIIe siècle avant J.-C.). Au milieu de ce chaos, deux hommes sont épris de la même femme, sans jalousie aucune. Le premier, joueur de zhou (instrument traditionnel à percussion), est autant l’incarnation du yin que le second, valeureux chevalier, l’est du yang. Tous deux périront dans d’atroces souffrances après avoir tenté vainement de s’approcher du tyran pour le supprimer. Entre eux et avec eux, la femme aimée incarne le souffle de vie, le désir généreux de pureté qui élève l’homme jusqu’à sa plus haute dimension. Elle continuera à dialoguer par-delà la mort avec ses deux amours, dont lui reviennent les âmes errantes.
    Sous une forme originale ( livre découpé en 5 actes comme une pièce de théâtre), l'auteur signe ici un drame épique où le destin humain se dévoile comme dans la tragédie antique.
    Très beau livre, qui relate des faits véridiques .


    Club de lecture du 8 Novembre 2016 : Madeleine CHAPSAL .

    Née à Paris en 1925, journaliste et romancière française, membre du jury du Prix Femina entre 1981 et 2006.

    *La femme abandonnée (1992). Dans ce roman, l'auteure reprend le titre d'une nouvelle de Balzac dont elle s'est inspirée pour en tirer un roman moderne. Ecrit comme un scénario, il a été porté à l'écran par E. Molinaro. L'intrigue est intéressante mais  manque d'analyse psychologique.

    *Jeu de femme (2000). La très belle Délia est actuellement délaissée : son mari anthropologue célèbre parcourt l'Amazonie. Une amie lui proposant de la distraire, les deux femmes tombent sur un séducteur notoire proche de la quarantaine. Celui-ci n'a d'yeux que pour Délia qui inaccessible au début, finit par succomber à son charme. Répudiée dès le lendemain, humiliée et furieuse, elle prépare avec soin sa vengeance par un coup imparable. Roman court, léger, facile à lire, sans beaucoup d'intérêt cependant.

    *La ronde des âges (2003), roman. Après le deuil de son époux, Camille est entraînée par une amie créatrice de modes, dans son manoir de Tilly en Saintonge où se trouvent déjà des invités de tous âges. Le séjour se passe et se termine très bien. Camille a retrouvé un ami avec lequel elle va renouer des liens. 

    *Dans mon jardin  (2003), essai. L'auteure révèle  son amour du jardinage, ses réflexions sur ce que représente aujourd'hui « cultiver  un jardin» car c'est un coin à soi. «  Le bonheur campe dans mon jardin et m'y attend ». L'auteure y puise sa force pour affronter la vie. Livre plaisant à lire et tonifiant.

    *Deux sœurs (2011). Sara voue à sa sœur aînée une jalousie terrifiante et irrépressible. Emma pardonne toujours à sa sœur le mal qu'elle lui fait. Elle est guidée par la compassion mais elle devient le souffre-douleur de Sara. Roman intéressant sur la manipulation psychologique.

    Le corps des femmes (2014). Dans ce petit essai, parfois dépassé, M . Chapsal dénonce l'agression et la domination des femmes par les hommes. Mais le nudisme se répand quand les hommes restent eux normalement couverts.


    Club de lecture du 18  Octobre 2016 : astronomie, système solaire, conquête de l'espace.

    *Article de la revue SCIENCE et VIE de septembre 2016 : 10 rêves d'espace parmi lesquels construire une base lunaire, plonger dans les océans de Titan, établir les bases d'une quarantaine de personnes sur Mars, représentent les objectifs de la conquête spatiale au XXIème siècle.

     2 articles du mensuel L'ASTRONOMIE  d'octobre 2016. Juno a pu envoyer les premières images de Jupiter et plus particulièrement de son pôle nord aux structures inattendues. C'est un programme américain.
    Gravity permettra d'observer les étoiles proches du trou noir central de notre galaxie. Programme européen, installé au nord du Chili, il s'agit à ce jour du plus grand observatoire mondial.

    * L'astronomie pratique de Brian JONES (1993). Le système solaire se compose de 9 planètes. Les planètes intérieures ou telluriques les plus proches du soleil, sont  Mercure, Vénus, la Terre et Mars. Les planètes extérieures, plus éloignées du soleil sont Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune et Pluton. Ces dernières  sont beaucoup plus grosses que les premières, à part Pluton.

    *Mon encyclopédie du ciel et de l'espace, GALLIMARD jeunesse. L'espace monde mystérieux et fascinant, recèle nombre de secrets et de phénomènes étranges. On y rencontre des roches appelées astéroïdes, certains très petits, d'autres aussi gros qu'une montagne, pouvant heurter la terre. C'est pourquoi, des études sont faites pour éviter une collision. L'espace est aussi parsemé de débris produits par l'homme qui y travaille : outils, vieux satellites, panneaux arrachés d'une station spatiale. En 1898, l'écrivain anglais H.G.Welles publie un roman au succès international : «  la guerre des mondes, » qui raconte l'invasion de la terre par les Martiens.

    * Le beau livre de l'univers de Jacques PAUL et J. Luc ROBERT (2013). Cet ouvrage propose de balayer l'univers depuis 14 milliards d'année avant notre ère jusqu'à près de 8 milliards d'années après le début de notre ère. Il reprend les définitions du Big Bang, de l'Oeuf Primordial, du Trou Noir, les découvertes des grands chercheurs de l'Antiquité. Malgré de belles illustrations, il reste très scientifique et difficile d'accès pour le commun des mortels !!

    Club de lecture du 27 septembre 2016 : sujet libre

    Un homme à histoires de Patrick ROTMAN (2016).
    L'action se situe en 1954 où la France connaît beaucoup de difficultés (c'est l'hiver où l'abbé Pierre dénonce l'insuffisance de logements). Le roman va tourner autour de l'unique personnage fictif , Serge Nisson,  qui va croiser de grandes personnalités dont François Mitterrand et multiplier des comportements ambigus et les fréquentations qui le conduiront à se retrouver au coeur d'embrouilles politiques. A la fois vrai roman historique très fouillé et polar politique.

    Le vieux blanc d'Abidjan dans sa prison de Yopougon de Michel FIELD (2016)
    Ce vieux blanc d'Abidjan est le père de l'auteur, qui à l'âge de 70 ans croupit depuis un an dans la prison de Yopougon car il est accusé d'avoir détourné des milliards. En bon fils, Michel Field se déplace à Abidjan et frappe à toutes les portes afin de fixer la date du procès. Ce livre parle également de l'Afrique qui a marqué sa vie de jeune homme. Beau roman raconté avec beaucoup de sensibilité, de tendresse mais aussi d'humour.

    *D'après une histoire vraie de Delphine de VIGAN ( Prix Renaudot 2015).
    Roman sur l'emprise et la solitude où l'auteure manie avec une incroyable dextérité la réalité et l'imaginaire. Ce livre n'en finit pas de brouiller les pistes et révèle sûrement de nombreux traumatismes vécus par l'auteure et son personnage L.Très dense et très compliqué parfois à suivre.

    Churchill m'a menti de Caroline GRIMM (2014)
    Ce roman inspiré de l'histoire familiale de l'auteure soulève un pan méconnu de la seconde guerre mondiale sur les îles anglo-normandes dont celle de Jersey, abandonnée par Churchill en juin 1940 et envahie par les Allemands deux mois plus tard. Comment vont survivre les habitants de l’île livrés à l’ennemi ?  Ces années de lutte sont relatées sur la base d'une enquête historique qui en fait un roman passionnant et bouleversant.

    *Tristesse de la terre, une histoire de Buffalo Bill Cody de Eric VUILLARD (2014)
    Par la force de la répétition, le spectacle du Wild West Show de Buffalo Bill, impose au monde la version falsifiée de l'histoire américaine. L'auteur nous conte avec une belle écriture ici deux histoires : celle du massacre d'Indiens et celle de leur mise en scène dans un grand spectacle international.

    *Le jardin blanc de Stéphanie BARRON (2013), écrivaine anglaise née en 1963, auteure de 11 romans policiers mettant en scène Jane Austen .
    Et si Virginia Woolf ne s'était pas suicidée le 28 mars 1941 ? Bien documenté, riche en suspense, ce roman ravira les amoureux d'une Angleterre traditionnelle où le feu couve sous les bonnes manières.

    *Une certaine vision du monde ( 50 livres que j'ai lus et aimés 2002-2012) de Alessandro BARICCO (2012), né en 1958, auteur italien de romans et essais traduits dans le monde entier.
    Il s'agit de chroniques publiées d'abord dans le quotidien italien La Republica. Avec humour et intelligence, l'écrivain évoque les livres qui lui ont semblé particulièrement significatifs. Des ouvrages variés qui à ses yeux incarnent notre civilisation : celle du livre. Réflexion sur le style, l'écriture , le langage. Très intéressant

    *La reine des lectrices de Alan BENNET (2007), né en 1934, auteur, acteur, dramaturge, scénariste et humoriste anglais.
    Que se passerait-il outre-Manche si Sa Majesté La Reine se découvrait une passion pour la lecture? Si d'un coup, rien n'arrêtait son insatiable soif de livres au point qu'elle vienne à négliger ses engagements royaux?Au-delà de cette joyeuse farce, ce petit ouvrage humoristique offre aussi une belle réflexion sur le pouvoir subversif de la lecture. Drôle et agréable à lire.

    Club de lecture du 21 Juin  2016 : sujet libre

    Les plantes, ces grandes communicantes, article du Journal « LE MONDE »(Mars 2016). Les études les plus récentes ont montré que les plantes sont sensibles (donc douées de sens), qu'elles communiquent entre elles et avec les animaux, dorment et peuvent manipuler d'autres espèces. A la grande surprise des chercheurs, elles sont parcourues de signaux électriques. Elles peuvent être décrites comme« intelligentes ».

    L'oreille d'or, de Elisabeth BARILLE (2016). Entendre, mais d'une seule oreille. Dans ce récit intime, l'écrivaine évoque son handicap invisible, malédiction et trésor, qui l'isole mais lui accorde aussi le droit d'être absente, le droit à la rêverie, au retrait, à la rétention, voire au refus. Malédiction qui n'est pas un naufrage mais a développé chez elle le goût de l'écriture. Lecture très agréable.

    *Les anges meurent de nos blessures, de Yasmina KHADRA (2014). Il se faisait appeler Turambo, du nom de son village natal et avait pour lui sa candeur désarmante et un direct du gauche foudroyant. A travers ce personnage devenu un jeune prodige de la boxe, l'auteur donne une belle évocation de l'Algérie des années 1930, dans un monde fait de racisme et de cupidité où l'amour se met parfois en grand danger. Roman très bien écrit et intéressant malgré quelques longueurs.

    Le village, de Dan SMITH (2014), écrivain anglais né en 1951. En 1930 dans un village ukrainien,  Luka, vétéran de la guerre de Crimée et ses deux fils recueillent un homme inconscient qu'ils trouvent dans la steppe enneigée. Dans son traîneau gisent deux corps d'enfants atrocement mutilés. La panique s'empare des villageois... . A la fois thriller glaçant sous le règne de Staline et véritable leçon de survie et d'humanité, ce roman  est passionnant, bien écrit et facile à lire.

    *Ce que le jour doit à la nuit, de Yasmina KHADRA (2008) Dans l'Algérie des années 1930, une famille algérienne propriétaire d'un lopin de terre voit sa récolte en feu, acte des colons et des promoteurs. Pour la première fois, le jeune Younes voit pleurer son père. Confié à un oncle pharmacien, dans un village de l'Oranais, le jeune garçon s'intègre à la communauté pied-noire et noue des amitiés indissolubles. Et le bonheur s'appelle Émilie, une " princesse " que les jeunes gens se disputent. Alors que l'Algérie coloniale vit ses derniers feux, dans un déchaînement de violences, de déchirures et de trahisons, les ententes se disloquent. Roman très intéressant sur une Algérie  passionnée et douloureuse.

    *Maudit Karma, de David SAFIER (2008), scénariste et romancier allemand né en 1966. Animatrice à la télévision, Kim Lange apprend à sa mort qu'elle a accumulé trop de mauvais karma au cours de son existence et se voit donc réincarnée en toutes sortes d'animaux… Livre très drôle , avec des réflexions désopilantes et des passages émouvants. Intéressant et  facile à lire.

    Le menteur, de Henry JAMES, écrivain anglais (1843-1916). Nouvelle parue en 1888 où l'auteur présente un peintre de talent, Olivier Lyon, qui retrouve son ancien amour Everina, désormais mariée à un homme qu 'elle aime, séduisant et fascinant mais menteur et affabulateur. Le peintre n'aura de cesse de reconquérir cette femme en réalisant un portrait peu flatteur de son mari. Intéressant et divertissant.


    Club de lecture du 24 Mai 2016 : Les Cathares.

    L'épopée cathare (tome 1), de Michel ROQUEBERT. En réaction contre l'église catholique, l'église cathare ne possède ni domaine, ni homme et n'exerce aucune tutelle économique, avec refus de toute féodalité. Les croyants sont la base de l'église cathare formée par les parfaits ou parfaites. Ces derniers ordonnés après le noviciat reçoivent le consolament, sorte de baptême qui les fait entrer dans la masse du clergé. Ils doivent avoir une vie chaste, simple et charitable. Au-dessus d'eux se trouve l'évêque cathare.

    *La croisade albigeoise : la lutte contre les Cathares, de François de Lannoy (2013). Au 12ème siècle, le midi de la France connut une période très agitée avec l'apparition d'une nouvelle religion « l'hérésie albigeoise » ou cathare qui inquiéta beaucoup le clergé et la papauté. Celle-ci commandita une guerre « sainte » en terre chrétienne. La croisade de Simon de Montfort et de son fils Amaury rassembla une armée de grands seigneurs de France. De nombreuses villes du sud furent assiégées et ses habitants brûlés.

    *Le bûcher de Montségur, de Zoé OLDENBOURG (1959). Durant 35 années, de 1209 à 1244, la croisade albigeoise massacre et torture une population paisible, vivant sa foi. Ce martyre s'achèvera dans le monstrueux bûcher de Montségur, dernier sanctuaire du catharisme. La royauté française pourra alors annexer en 1271 le Languedoc, clé du bassin méditerranéen et de l'Italie.

    *Regards sur le temps des Cathares, de Michèle AUE (1996).Si en 1209, les Croisés viennent réprimer l'hérésie cathare sur les terres du Midi, c'est qu'ici depuis longtemps « des Bons Hommes » » qui ont pris le parti du bien contre celui du mal, vivent et prêchent librement leur conception de la pureté évangélique. Pouvoirs spirituels et temporels vont alors s'unir et s'acharner pour effacer jusqu'à l'ombre de cette foi authentique et mettre fin au plus tôt au temps des Cathares.

    Simon de Montfort et le drame cathare, de Dominique PALADILHE (1988). Né vers 1165 et mort en 1218 lors du siège de Toulouse, S. de Montfort appartenait à une famille noble de Montfort l'Amaury dans les Yvelines. Il passera 9 ans à guerroyer entre Rhône et Garonne pour défendre la chrétienté. Ce livre passionnant le présente non comme un forcené sanguinaire mais comme un homme de foi courageux et loyal, certes violent comme la plupart de ses ennemis à cette époque cruelle.

    La passion cathare, de Michel PEYRAMAURE (1978). L'histoire des Cathares est retracée de façon romanesque par l'auteur, en suivant minutieusement la chronologie des événements, prises de citadelles et pourparlers racontés de façon vivante. Personnages hauts en couleur avec parfois des caractères exagérés et des passions un peu trop exacerbées . Bon roman.

    *Le pays cathare, de Jean-Luc AUBARBIER et Michel BINET (2001). Après une introduction sur la brève histoire des Cathares et du catharisme qui concernent 20 départements français et quelques pays d'Europe, ce livre nous promène à travers les régions et les lieux de visite. Très bon guide avec à l'appui des cartes détaillés et de belles photos.

    *L'Aude, pays cathare à pied. TOPO GUIDE (2008). Ce guide présente 200 km de sentier cathare dans l'Aude avec les châteaux cathares, véritables nids d'aigle et une grande variété de paysages. A travers 44 promenades et randonnées, cet itinéraire évoque aussi une page de l'histoire médiévale méridionale, le catharisme languedocien et les événements qui l'ont fait disparaître.

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    Club de Lecture du 03 Mai 2016 : Annie ERNAUX

    Annie Ernaux… née en 1940 à Lillebonne (en Seine-Maritime) passe toute sa jeunesse en Normandie ; professeur de Lettres Modernes et écrivaine.

    Passion simple (1991) : l’auteure y aborde la « passion amoureuse »  avec les moments d’attente, la préparation avant le rendez-vous, le désir, et puis la séparation suivie de la souffrance…. Cela va durer de septembre à mai…plus de nouvelles, l’histoire est finie… l’écriture de ce livre de 80 pages est loin d’être une thérapie… bien au contraire.

    Journal du Dehors (1993) : Propos amusants ou affligeants, glanés « dehors »  dans le métro, les gares… bref des « petits riens » consignés dans un recueil comme pour les réutiliser à un autre moment et en faire un roman plus consistant ! ?

    Je ne suis pas sortie au bout de ma nuit (1997) :  au cours des visites à sa mère amoindrie à la suite d’un accident de la circulation et atteinte de la maladie d’Alzheimer,  l’auteur note les propos, les moments de conscience et la lente transformation physique mais aussi sa culpabilité , ses regrets de se trouver « impuissante » face à une telle situation.
    La lectrice a trouvé ce livre « dérangeant, déstabilisant » .

    Mémoire de fille (2016) : l’auteure raconte la fille qu’elle a été durant l’été 1958 marquée par sa première expérience sexuelle, à en souffrir pendant les deux années suivantes, racontant sans complaisance comment elle a découvert la vie et la liberté à 18 ans. Annie Ernaux mettra quand même plus de quarante ans avant de se raconter jeune fille.

    Club de Club de Lecture du 12 Avril 2016 : Sujet libre

    Le sabotage amoureux, de Nathalie NOTHOMB. Second roman,  publié en 1993.
    Dans un style excellent, la romancière relate des souvenirs d’enfance de sa vie en Chine (1972 à 1975) elle avait alors 7 ans ; souvenirs réels ou fantasmés, trop souvent cruels, sur trame d’une authentique histoire de premier amour.
    Ce roman a été réalisé en 1993 en un opéra par Daniel Schell et une adaptation théâtrale en 1999 par Pascal Lissillour.

    * La plage des rêves, de Sergio BAMBAREN. Né en 1962 au Pérou, ingénieur chimiste, passionné de surf ; sa vie a basculé lorsque parut en 1996 « Le Dauphin qui rêvait ».
    John Williams, le protagoniste de « La plage des rêves » , président d’une société prospère, possède une villa avec vue sur une immense plage ; sa réussite professionnelle lui vaut le respect de tous. Peut-on imaginer homme plus comblé à 40 ans ? Pourtant un matin, la rencontre d’un mendiant va changer sa vie… réapprendre le sens du bonheur et de la richesse intérieure.
    Récit proche du conte philosophique, un parcours initiatique, plein de tolérance et générosité.

    Chuuut !, de Janine BOISSARD. Née en 1937, enfant ne s’intéressant qu’à la lecture et l’écriture ; commence sa carrière d’écrivain à 20 ans.
    Un beau château dans les vignes près de Cognac. Tous les membres de la Famille vivent sur le domaine sauf Roselyne, l’aînée… la fille perdue… dont personne n’a de nouvelles durant des années.   Un jour débarque au château Nils, fils de Roselyne et dont personne n’a jamais entendu parler… un drame se produit : Maria la fillette des gardiens est retrouvée assassinée dans la cabane qu’occupait Nils….condamné à 10ans de prison, libéré après 4ans pour bonne conduite,  il va faire éclater un lourd secret familial…
    Facile à lire, le récit allie sentiments, suspense, justice, mensonge et perfidie.

    Les Groseilliers, d'Anton TCHEKHOV. Auteur russe, né en 1860.
    Quatre Nouvelles extraites du recueil "Récit d’un inconnu" et dont l’une d’elles a donné son titre à ce livre. Tchékhov a réussi à donner une étoffe romanesque à ses personnages tous issus et vivant dans les contrées les plus isolées de la Russie.   Des personnages qui se trouvent tous embourbés dans la monotonie de la vie quotidienne.
    Tchékhov reste un grand classique de la littérature russe du XIXèmesiècle, s’intéressant à tous les problèmes humains.

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    Club de lecture du 29 Mars 2016 : Sujet libre.

    Lady Susan, de Jane AUSTEN, romancière anglaise (1775-1817). Court roman épistolaire écrit vers 1794 qui présente l'échange de lettres entre Lady Susan, jeune veuve de Mr Vernon, et sa belle-famille ainsi que son amie. Spirituelle et jolie mais sans un sou, elle trouve refuge chez son beau-frère un riche banquier. Arrive Réginald, jeune homme célibataire qui pourrait être un bon parti. On retrouve le style de l'auteure dans la peinture minutieuse de la société bourgeoise de la campagne londonienne, les ambiguïtés des personnages et les intrigues amoureuses. Agréable à lire.

    Découverte inopinée d'un vrai métier, de Stefan ZWEIG, écrivain autrichien (1881-1942). Le narrateur arrive à Paris et s'installe à la terrasse d'un café près de la gare de l'Est. Il est intrigué par un individu, à l'apparence d'un pauvre bougre. Il s'agit en fait d'un pickpocket qu'il verra en pleine action et dont il sera lui-même la victime. Nouvelle intéressante par l'étude psychologique des personnages minutieusement décrits.

    Mon coeur à l'étroit, (2007) de Marie NDIAYE, romancière française née en 1967, Prix Fémina 2001, Prix Goncourt 2009. Nadia, la narratrice, est institutrice à Bordeaux dans la même école que son mari, Ange. Ils vivent leur profession comme un apostolat et en tirent une authentique félicité. Mais depuis quelque temps le couple est l'objet d'une vindicte générale. Nadia tente de comprendre la nature du complot qui la broie. Quelle faute a-t-elle commise, qui justifierait ses malheurs ? L'écriture étonne encore une fois par sa précision, sa retenue, sa profonde singularité. Atmosphère pesante et fantastique qui a plu à la lectrice.

    *Les deux messieurs de Bruxelles, (2012) d' Eric-Emmanuel SCHMITT, écrivain français né en 1960. Recueil de 5 nouvelles dont la première donne son nom à l'ouvrage. Différents thèmes sont abordés : le mariage, l'homosexualité, l'amour pour les animaux et pour l'art, la maladie. Très bien écrit, on retrouve l'humanisme de l'auteur qui manie l'humour malgré la gravité de certains sujets. Facile et agréable à lire.

    *Le viking qui voulait épouser la fille de soie, (2014) de Katarina MAZETTI, auteure suédoise née en 1944. Roman historique où se croisent les destins de deux familles, l'une au sud de la Suède et l'autre à Kiev, avec un regard nouveau sur les Vikings et une civilisation fascinante, fondée sur la conquêtes des drakkars et d'étranges croyances. Récit d'aventures qui mêlent le drôle, le tragique et la quête de l'amour universelle. Très intéressant, la lectrice a beaucoup aimé.

    *Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, (2014) de Patrick MODIANO, écrivain français né en 1945, Prix Goncourt 1978, Prix Nobel de littérature 2014. Jean Daragane, septuagénaire, reçoit des mains de deux inconnus son carnet oublié gare de Lyon. Intrigué par l'un des noms noté sur le calepin, l'un des deux jeunes insiste pour que Daragane lui parle de cette personne. Peu à peu, des éclats mémoriels vont se rappeler à ses souvenirs. Roman intéressant où l'auteur revisite son enfance et se replonge dans son passé.

    *Quelqu'un pour qui trembler, ( 2015) de Gilles LEGARDINIER, romancier français né en 1965.Thomas, le héros du roman est un médecin célibataire, passionné par l'humanitaire.Installé depuis plusieurs années en Inde, il y est heureux mais son meilleur ami décèle en lui une certaine tristesse. Afin de connaître le passé de Thomas, il va entreprendre des recherches en France et en revenir avec une étonnante et bouleversante nouvelle. Ouvrage émouvant et agréable à lire.

    Dictionnaire amoureux de Paris, ( 2015) de Nicolas d'Estienne d'Orves, écrivain et journaliste français né en 1974. Ouvrage de 665 pages, très original et attractif qui se décline selon chaque lettre de l'alphabet en s'accompagnant d'anecdotes et de commentaires sur l'appréciation de grands auteurs. Très bien écrit.


    Club de lecture du 8 Mars 2016 : Ecole et enseignement, système éducatif.

    *Dix-huit questions sur le système éducatif, de Claudine PERETTI . En vue d'un débat national sur l'avenir de l'école, la Direction de l'évaluation et de la prospective de l'Education Nationale a travaillé sur 18 sujets se rapportant au fonctionnement du système éducatif comme scolarité dès 2 ans. Ce livre est donc avant tout un alignement de statistiques et de pourcentages qui selon la lectrice, n'apportent pas de vraies solutions pour améliorer l'enseignement.

     La composition française (2009) de Mona OZOUF, historienne. La France a toujours vécu d'une tension entre l'esprit national et le génie des pays qui la composent, entre l'universel et le particulier. Mona Ozouf se souvient l'avoir ressentie et intériorisée au cours d'une enfance bretonne. Dans un territoire exigu et clos, entre école, église et maison, il fallait vivre avec trois lots de croyances disparates, souvent antagonistes. Comment alors vivre heureusement la «composition française» ?

    * Les cahiers de la République (2015) de Suzanne BUKIET et Henri MEROU. Magnifique promenade dans les cahiers d'école de 1870 à 2000, à la découverte d'écriture mais aussi de morale civique. Beau livre, agréable à lire et à feuilleter grâce aux document recueillis.

    *La tactique de la craie de Dominique RESCH ( 2015), professeur de français, histoire- géo et éducation civique dans un lycée professionnel des quartiers nord de Marseille. Après 30 années d'enseignement, l'auteur donne quelques conseils pour faire face à diverses situations. Muni de sa plume élégante, drôle et tendre, il raconte ses méthodes de survie quotidiennes devant ses élèves. Petit ouvrage intéressant, illustré par des exemples concrets, qui montre la difficulté du métier et la  façon de l'aborder avec humour.

    Souvenirs de carrière d'une lectrice, ancienne institutrice. Dans les années 1960, le baccalauréat suffisait pour postuler à un poste d'instituteur. Après 3 années de suppléances et de stages dans les classes, on devait passer le certificat d'aptitude pédagogique (C.A.P.). Ensuite, après 5 ans d'enseignement dans les écoles, on était titularisé avec un poste fixe. 11 échelons devaient être gravis avant la retraite à 55 ans et un nouveau titre : professeur des écoles.

    * Le temps des secrets, de Marcel PAGNOL (1895-1974), 3ème tome des « Souvenirs d'enfance », autobiographie romancée parue en 1960. A la fin des vacances d'été, Marcel entre dans l'enseignement secondaire au lycée Thiers de Marseille. Alors en classe de sixième, il doit apprendre les nouvelles règles de l'établissement et comment les enfreindre sans se faire punir. Lecture toujours aussi agréable.

    * La maîtresse d'école, (1995) de Marie-Paule ARMAN . Dans ce roman qui raconte 2 générations d'enseignantes, Céline née en 1918 dans un petit village du Pas-de-Calais deviendra institutrice grâce à sa tante, son désir ayant été  mal accueilli par ses parents. Mais elle devra faire un choix difficile entre un amour très fort et sa carrière, source de difficultés mais aussi de vraies joies. Elle transmet sa vocation à sa fille,Irène, née après la guerre et qui sera professeur de lycée. Les temps ont changé ; et si l'amour d'enseigner reste le même, Irène connaîtra une expérience différente de celle de sa mère. Mai 68 est là.

     *Chagrin d'école, Prix Renaudot 2007, de Daniel PENNAC, né en 1944. L'auteur entremêle  souvenirs autobiographiques et réflexions sur la pédagogie et les dysfonctionnements de l?'institution scolaire, sur la douleur d?'être cancre et la soif d'?apprendre, sur le sentiment d'?exclusion et l'?amour de l?'enseignement. Entre humour et tendresse, analyse critique et formules allant droit au but, il offre ici une brillante et savoureuse leçon d'?intelligence.

     * Les deux écoles ( 2014), d'Yves VIOLLIER, professeur de lettres. Grand roman de l'amitié sur fond de débat entre école publique et privée. Histoire véridique de deux amis d'enfance qui se sont fâchés suite à la guerre des écoles qui éclate dans leur village.

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    Club de lecture du 9 Février 2016 : Le cinéma

    Origines, sources QUID 2003 et 501 ACTEURS, éditeur Omnibus. Depuis l'Antiquité, des vestiges de lanterne magique ayant été découverts à Herculanum, l'image et son mouvement ont toujours interpellé savants et artistes. Les travaux de  Léonard de Vinci, d'Athanase Kircher, de Paul Philidor, de David Brewater ont accompagné ce long cheminement jusqu'aux Frères Lumière, Georges Méliès, Léon Gaumont, David Griffith, Irwing Willat, Brian Foy, Eisenstein ainsi que les acteurs et actrices, à faire que le 7ème art parti du muet aboutisse à Starwars. Une épopée héroïque et prodigieuse.

    *Le cinéma, REPERES PRATIQUES, Nathan (1998). Cet ouvrage offre l'essentiel des informations concernant l'histoire, l'esthétique (genres, formes) et les techniques (production, réalisation, diffusion) du cinéma. Rédigé de façon claire et agréablement illustré, il conduit le lecteur des origines du cinéma aux plus récentes mutations technologiques.Il apporte également des éléments d'analyse sur les oeuvres signées des plus grands noms du septième art.

    Littérature et cinéma, article du MONDE de Décembre 2015. Pier Paolo Pasolini (1922-1975) et Thomas Harlan (1929-2010), réciproquement cinéastes italien et allemand, ont été également écrivains. D'après eux, le texte et le film sont essentiels pour exprimer au mieux certaines réalités historiques et sociales. Pour l'écrivain franco-irlandais Pierre Cendors, les films l'ont autant formé que ses lectures, il envie au cinéma l'exploration fondamentale des atmosphères que l'on retrouve moins en littérature.

    *La peur au cinéma, d'Emmanuel SIETY (2006). Les mécanismes nécessaires sont bien connus des réalisateurs pour effrayer le spectateur : musique lancinante, nuit opaque ou pleine lune, jeux de la caméra. Face à l'inconnu, nos peurs les plus profondes refont surface. Jeu ambigu auquel le spectateur souhaite tout à la fois résister et se laisser surprendre.Attiré par l'affiche, « il frissonne avec délice ». L'ouvrage se base sur quelques films références, « Les oiseaux », « Rosemary's Baby », « Les dents de la mer ».

    *Hitchcock-Truffaud , Gallimard (1999). Entretiens entre les 2 hommes, où H. accepte le principe de répondre à 500 questions posées par son admirateur F.Truffaud et portant exclusivement sur sa carrière. Paru en 1967, cet ouvrage reprend la genèse des films d'H. en y ajoutant une foule de renseignements sur sa technicité, le souci du détail, de l'authentique, le choix des acteurs et des actrices. Très intéressant pour approfondir ses connaissances sur « le maître du suspense » et revoir d'un autre œil ses meilleurs films.

    Quelques titres de films récents à voir, conseillés par une lectrice : Aferimi, western de Radu Jude, Francofonia, le Louvre sous l'occupation, drame historique d'Alexandre Sokurov, Chocolat, Biopic de Roschdy Zem.

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    Club de lecture du 12 Janvier 2016 : Les Prix littéraires 2015 ou sujet libre

    *Boussole, de Mathias ENARD, Prix Goncourt, écrivain français né en 1972. Insomniaque, sous le choc d'un diagnostic médical alarmant, Franz Ritter, musicologue viennois épris d'Orient, fuit sa longue nuit solitaire dans les souvenirs d'une vie de voyages, d'étude et d'émerveillements.
    Lecture en cours, ouvrage compliqué à lire car il fait souvent référence à la littérature et à la musique.

    *D'après une histoire vraie, de Delphine DE VIGAN, Prix Renaudot et Prix Goncourt des lycéens, romancière française née en 1966. En même temps qu'une réflexion sur le pouvoir de la littérature, ce roman est l'histoire de l'emprise progressive d'une femme sur une autre femme écrivaine.
    Bien écrit mais trop long, il apparaît comme un véritable thriller, inspiré semble-t-il d'une histoire vraie, qui cependant n'a pas suffisamment intéressé ni convaincu les lectrices.

    *La cache, de Christophe BOLTANSKI, Prix Femina, journaliste et écrivain français né en 1962. Histoire autobiographique sur la famille atypique de l'auteur, pendant la 2ème guerre mondiale, de sa vie en autarcie et sa peur des autres. Roman étrange, avec une fin quand même optimiste, intéressant et agréable à lire.

    *L'art d'écouter les battements du coeur, de Jan Philipp SENDKER, Prix des lecteurs, écrivain allemand né en 1960. Lorsqu un brillant avocat new-yorkais disparaît du jour au lendemain, sa fille Julia n' a aucune idée où il peut être. Jusqu à ce que, quatre ans plus tard, elle trouve une ancienne lettre d amour écrite par son père à une jeune fille de son village natal, en Birmanie où  Julia décide de se rendre pour y découvrir le saisissant passé de celui qu'elle croyait si bien connaître. La lectrice n'a pas aimé.

     Zen, de Maxence FERMINE (2015), écrivain français né en 1968. L'histoire se déroule près de Kyoto. Chaque jour, de l'aube au crépuscule, Maître Kuro pratique l'art subtil de la calligraphie. Une activité mêlant la peinture à l'écriture dont la frontière est si ténue qu'elle en paraît invisible. Le jour où la jeune Yuna, une calligraphe prodige, le sollicite pour apprendre à parfaire son art, Maître Kuro hésite. Celle qui se rêve son élève, sera-t-elle à la hauteur de ce qu'un tel enseignement exige ? Convaincu par sa sincérité et sa motivation, il fait d'elle sa disciple, en la menant sur la voie du zen, clef de la maîtrise de leur art.
    Lecture agréable, faites de phrases courtes qui nous amènent à la méditation.

    *100 chefs-d'oeuvre du Louvre, d’Adrien GOETZ (2015), écrivain et  historien d'art français. Une histoire du monde en cent chefs-d'oeuvre choisis parmi les collections immenses du Louvre couvrant plus de 30 siècles de la vie de notre planète. Magnifiques photos présentées dans l'ordre chronologique qui font voyager le lecteur à travers le monde et lui donnent envie de visiter ou revisiter ce grand musée.

     Monsieur Etienne, de François LANGLADE (2003), romancier français. Paris, printemps 1793, Etienne vit depuis 5 ans chez son oncle Rétif de la Bretonne, libraire, imprimeur et écrivain libertin, dont il a épousé la fille, Marion. Mais la France éprise de liberté est devenue le pays de la barbarie et de la délation. Etienne, ni criminel ni idéaliste, n'en devient pas moins complice d'un régime qui le répugne.
    Ouvrage intéressant et agréable à lire, avec un style libertin qui veut se fondre à cette époque bien décrite.

     L'Inde, de Catherine BOURZAT (édition le Grand Livre du mois). Très bel ouvrage illustré, qui montre la société de ce pays entièrement sous la houlette des hommes. Après le mariage souvent arrangé, le sort de la  femme dépend de son époux et des relations avec sa belle-famille.

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    Club de lecture du 15 Décembre 2015 : BRESIL, littérature.

    *Cacao, de Jorge AMADO, 1937. Grand écrivain brésilien (1912-2001), son œuvre traduite en 49 langues se déroule le plus souvent dans les bas-fonds des communautés noires et mulâtres de la province de Bahia. Ce beau roman décrit l’univers d’ouvriers agricoles dans une plantation de cacaoyers, « loués » une misère par le « coronel », grand propriétaire terrien de l’époque, être bedonnant exploitant le malheur pour mieux renflouer ses poches. C’est là que débarque Sergipano, un jeune homme déclassé suite à la mort de son père. Ouvrage court, violent, où  la pauvreté, la faim, la prostitution côtoient la prospérité des grands capitalistes.

    *Les Malaquias, de Andréas DEL FUEGO, écrivaine brésilienne née en 1975. Dans la Serra Morena, les destins de trois orphelins se séparent pour se rejoindre plus tard, au gré de l'histoire du pays et sur fond de magie indienne où morts et vivants cheminent ensemble. L’auteure veut faire  revivre sa famille et le feu qui a tué ses ancêtres lui a suggéré de prendre le pseudonyme de Fuego. Prix Saramango 2011, ce premier roman est d’un accès difficile par ses aspects rocambolesques et a laissé la lectrice perplexe.

    Mar azul, 2012, de Paloma VIDAL, née en Argentine en 1975, vit au Brésil depuis l’âge de 2 ans, sa difficulté à se définir argentine ou brésilienne est le moteur de sa création littéraire. Aujourd’hui, la narratrice – nous ne saurons jamais son nom – vit seule à Rio, au bord d’une plage, hantée par le passé. Autrefois, elle habitait en Argentine, auprès de son père, un célèbre architecte. Un jour, brusquement, il est  parti, sans plus donner de nouvelles. Avant ce mystérieux « départ », il l’avait confiée à une amie pour qu’elle l’élève avec sa propre fille, Vicky, qui va disparaître à son tour.  Histoire compliquée, récit trop décousu et déconcertant d’un travail sur la mémoire et la recherche d’une réponse sur l’absence du père.

    Paulo COELHO né en 1947, grand écrivain brésilien actuel,  à la renommée internationale :

    Le pèlerin de Compostelle, 1987. Premier livre de l’auteur qui raconte sa longue marche de 830 kms sur la fameuse route de Santiago, ancien itinéraire emprunté par les pèlerins de Saint Jacques. De ce voyage dont il  reviendra transformé, il nous fait partager sa recherche humaine et spirituelle. « L’extraordinaire se trouve chez les gens ordinaires. »

    *L’alchimiste, 1988.Conte symbolique selon l’auteur, relatant la quête de Santiago, jeune berger andalou, lors de la recherche d’un trésor perdu, enfoui au pied des pyramides d’Egypte. Sa rencontre avec l’alchimiste dans le désert, lui apprendra à écouter son cœur, à lire les signes du destin mais surtout à aller au bout de son rêve. Très intéressant et facile à lire.

    *La sorcière de Portobello, 2007. L’œuvre retrace la vie d’Athéna, de son vrai nom Shérine, à travers différents écrits de ses amis et sa famille. Après la naissance de son fils, abandonnée par son mari, Athéna décide de partir à la recherche de sa mère biologique, une tsigane du nom de Liliana, qui vivrait en Roumanie. Durant ce voyage initiatique, elle deviendra la Sorcière de Portobello, une femme mystérieuse aux pouvoirs étranges. Livre difficile à lire.

    *Adultère, 2014. Linda  a 31 ans et, aux yeux de tous, une vie parfaite dans une magnifique propriété à Genève entre un mari aimant, des enfants bien élevés et un métier gratifiant de journaliste. Cependant, elle ne supporte plus de faire semblant d’être heureuse quand, en vérité, elle ne ressent rien d’autre qu’un sentiment grandissant d’apathie et d’indifférence. Jusqu’au jour où elle retrouve un ancien petit ami. Jacob  qui va éveiller en elle la passion. Elle fera tout pour conquérir cet amour impossible et devra aller au plus profond d’elle-même pour enfin trouver le bonheur. Livre superficiel et peu intéressant.

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    Club de lecture du 24 Novembre 2015 : BRESIL, pays et vie culturelle

    Présentation , sources diverses dont WIKIPEDIA, QUID 2003. Découvert par le portugais Pedro Alvares Cabral en 1500, le Brésil devient indépendant en 1825. Quasi vierge au nord avec la région de l’Amazonie qui contient entre autres les plus grosses réserves de minerai ferreux du monde, il présente de grands pôles urbains au sud. Avec ses 170 millions d’habitants, c’est un pays en pleine voie de transformation, croissance obtenue à crédit en laissant de côté les ¾ de la population. Terre de contrastes, avec un matérialisme brutal contre un mysticisme exacerbé, un baroque colonial contre les délires futuristes de Brasilia la capitale, des fortunes colossales contre la sous-alimentation endémique.

    *Brésil : la folie grandeur nature, de Luc GIARD, 1991
    Ici tout s’oppose : couleurs, climats, reliefs, races, caractères et religions. On y trouve ce Brésil déroutant, extravagant, inventif, sensuel, vivant. L’auteur nous propose à travers une spirale d’images surprenantes, une extraordinaire rencontre avec le peuple multi-racial de ce vaste pays, véritable kaléidoscope, tout en mouvance.

    *Terra, de Sebastiao SALGADO, 1997, un des plus grands reporters photographes du monde, né au Brésil en 1944. Plus de 100 photos en noir et blanc, belles et expressives, à travers lesquelles l’auteur a voulu présenter une réflexion sur le destin des paysans du Brésil, en dévoilant la situation dramatique des « sans terre ». Histoire bouleversante sur la persécution des travailleurs ruraux entre 1964 et 1995 qui ont perdu leur travail à la campagne, forcés d’émigrer vers les villes où ils sont devenus des marginaux.

    *Le Brésil du XVIème siècle à nos jours, de Laurent DELCOURT, livre jeunesse 2005
    À travers ce livre, nous découvrons la diversité et la richesse de ce pays gigantesque, l'Amazonie, la ville de São Paulo, les disparités entre les différentes régions du pays, notamment au niveau agricole, et la culture métisse qui fonde l'identité de la civilisation brésilienne. Laurent Delcourt, spécialiste de l'Amérique latine, aborde aussi l'histoire politique du Brésil, des premières révoltes des paysans à la présidence de Lula.

    *Brésil, bibliothèque du voyageur, Gallimard, 2010
    Quelques faits de société importants caractérisent ce pays : la population très diversifiée, la danse, la carnaval, le « futebol », la course automobile, la religion de l’âme (avec un mélange de pratiques païennes) et celle du culte du corps poussé à l’extrême. Malgré la déforestation qui provoque la disparition des peuplades et des animaux vivant dans la forêt, il reste plein de ressources.

    Les chutes d’Iguazu, carnet de voyage et photos (2011) d’une lectrice. Iguazu vient d’un mot « guarani » i signifiant eau et kuasu signifiant grand. Situées dans une forêt subtropicale, les chutes dont 80% sont en Argentine forment la frontière entre cette dernière et le Brésil. Elles sont constituées de 275 cascades sur un front de près de 3 km. Le premier européen à les avoir découvertes est le portugais Cabeza de Vaca vers 1540, qui soumit les tribus indigènes appelées aujourd’hui « les Guaranis ».

    Les Guaranis, un peuple fantastique, extrait d’un article (mars 2006) de Wilson CHANGARAY, président de l’assemblée du peuple guarani. Sous ce nom sont regroupées plusieurs tribus, parlant la même langue, le guarani. Elles se sont installées dans cette région au cours des Ier et IIème siècle après J.C. Le peuple guarani a su résister aux espagnols et aux portugais en gardant sa liberté d’esprit basée sur des principes dépassant les intérêts personnels. Il resterait 51000 guaranis au Brésil, répartis sur 7 régions. Regroupés dans des réserves, ils travaillent dans de grandes plantations de fermiers très puissants qui les traitent comme des esclaves et n’hésitent pas à employer la violence pour les spolier de leurs terres.
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    Club de lecture du 3 Novembre 2015 : La Cartographie

    Présentation d’une approche limitée à l’origine, à l’histoire, aux évolutions de la cartographie, à partir d’informations très intéressantes développées dans le QUID, édition 2013.

    Extrait de La cartographie à St Dié au début du XVIème siècle, article d’Albert RONSIN, conservateur de la bibliothèque de St Dié. En 1500 fut créé par le chanoine Vautrin LUD, le « Gymnase lorrain », également appelé « Gymnase vosgien ». Ce collège comprenait principalement des géographes, cartographes et imprimeurs. Des cartes publiées pour la 1ère fois au monde désignaient sous le nom d’America la partie nord-est du continent sud- américain. St Dié devint dès lors la capitale mondiale de la géographie et de la cartographie. Depuis 1990, est créé le festival International de géographie qui décerne chaque année un prix.

    * Extrait de  Artistes de la Renaissance au XXIème siècle, ouvrage collectif sous la direction de Catherine HOFMANN, La dynastie des « Cassini », article de Gil MAUGRION (2007). La carte de Cassini est le travail de la famille des Cassini sur 4 générations de 1625 à 1845. Ils avaient tous fait partie soit de l’Observatoire de Paris créé par Louis XIV soit de l’Académie des sciences plus récente. Appelée aussi « la carte de l’Académie » car c’est la première carte établie pour le Royaume de France selon une échelle bien établie, elle reste encore aujourd’hui un outil très utile dans les recherches historiques et généalogiques.

    * Jacques Cartier, découvreur du St Laurent, d’Alain RAIMBAULT (2012). Grand navigateur et aventurier français (1491-1557), homme courageux et cultivé, d’origine bretonne, il étudie la cartographie et est nommé par le roi François 1er pour se rendre à Terre-Neuve et au-delà.  On lui attribue la découverte du Canada, désignant par là la mince région du Québec à laquelle il donne le nom de Canada durant son expédition de 1535. Il est le premier explorateur du golfe du Saint-Laurent et certainement le premier à tracer la cartographie du fleuve Saint-Laurent découvert en 1535.

    *James Cook, le compas et la fleur, d’Anne PONS (2015). Explorateur anglais (1728-1779), passionné très tôt de cartographie, il fut le premier européen à établir un contact rapproché avec plusieurs peuples du Pacifique, Nouvelle Zélande, Tahiti, Hawaï… Cette biographie met en évidence  son courage pour explorer les zones dangereuses, sa capacité à mener les hommes et à se préoccuper de leur condition sanitaire, ses ambitions cherchant à dépasser les instructions reçues par l’Amirauté durant ses 3 expéditions. Livre souvent passionnant, détaillant bien les différentes routes suivies par lui et ses savants accompagnateurs.

    * L’inconnu du Pacifique, de Martin de HALLEUX (2005). Ce livre nous emmène dans la dernière expédition (1776-1779) du capitaine Cook. Parti de Plymouth à bord du « Résolution » et suivi du « Discovery », il est accompagné par des scientifiques, des naturalistes, des botanistes, des géographes, un astronome et un peintre. Il meurt à Hawaï durant une bataille contre les indigènes.

    Les Compagnies des Indes, de PH. HAUDRERE et Gérard Le BOUEDEC (2001). Cet ouvrage réalisé avec la participation du musée de la Compagnie des Indes de Lorient, abondamment illustré notamment par des cartes et des gravures, relate le fonctionnement des compagnies qui avaient le monopole du commerce de l’Océan Indien. L’on découvre toutes les étapes d'un voyage au long cours, depuis la construction des navires et leur armement à Lorient, la traversée de l'Atlantique et de l'océan Indien vers les comptoirs jusqu'au retour et aux ventes des soies, cotons, thés, cafés, poivres et porcelaines à Nantes puis à Lorient. Ce commerce de l'océan Indien est à l'origine de la fortune de Lorient.

    * Elles ont conquis le monde, les grandes aventurières 1850-1950, d’Alexandra LAPIERRE (2007).Portrait de 31 femmes dont 6 françaises, aventurières qui ont en commun une immense curiosité du monde et la quête de leur propre vérité qui passent par la désobéissance. En effet, considérées comme mineures à vie, les femmes sont toujours soumises à l’assentiment des hommes. Leur goût pour la littérature les a conduites au voyage. Elles osent dire non au conformisme en voulant être indépendantes. Passionnant.
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    Club de lecture du 13 Octobre 2015 : Jane Austen et son temps

    *Histoire de l’Angleterre, de Bernard COTTRET (PUF).
    *Guide de la Grande Bretagne de Gérard HOCMAND
    Du temps de Jane Austen, l’Etat Britannique n’existait que pour préserver la propriété et la liberté des nantis, excluant les femmes jusqu’en 1928, les pauvres et toute la domesticité. La révolution industrielle a beaucoup changé la société anglaise avec un important exode rural. Les relations entre la France et l’Angleterre se sont distendues en grande partie à cause des guerres napoléoniennes. Les armateurs et négociants s’enrichissent fortement. La peinture et la littérature sont sources de grands noms.

      Jane Austen et son temps (source WIKIPEDIA)
    *Jane Austen, passions discrètes de Claire TOMALIN (2000)
    Née en 1775 dans un milieu de petite noblesse campagnarde dont le père est pasteur, elle vit parmi ses nombreux frères et sa soeur à laquelle elle sera très attachée et a accès très tôt à toute la bibliothèque paternelle. A 24 ans, elle met en route 3 romans majeurs qu’elle reprendra après une interruption de 10 ans et qui connaîtront un certain succès à leur publication. Elle décède en juillet 1817 à l’âge de 42 ans, après une vie passée auprès de sa famille, car elle ne s’est jamais mariée. On retiendra de son œuvre l’humour, la gaité, la légèreté, les thèmes dominants étant le mariage et la société provinciale de son temps.

    *Orgueil et préjugés (1813). Derrière les aventures sentimentales des cinq filles Bennet, Jane Austen dépeint fidèlement les rigidités de la société anglaise au tournant des XVIIIème et XIXème siècles. À travers le comportement et les réflexions d'Elisabeth Bennet, son personnage principal, elle soulève les problèmes auxquels sont confrontées les femmes de la petite gentry campagnarde pour s'assurer sécurité économique et statut social. À cette époque et dans ce milieu, la solution passe en effet presque obligatoirement par le mariage, thème majeur avec l’argent. Beaucoup de charme, de simplicité et de vérité qui en font  une lecture agréable. Le côté « roman feuilleton » est tout de même très présent.

    *Emma (1815). La jeune Emma vit auprès de son père, veuf et âgé et  dirige leur demeure en véritable maîtresse de maison. D’une grande beauté et pleine d’assurance, elle évolue en femme indépendante, dans un milieu de petite noblesse terrienne. Pour se distraire, elle joue les entremetteuses en prenant en main le mariage des autres, convaincue de ses compétences. Mais toutes ses manœuvres vont prendre une autre direction et lui apporter des déconvenues. Elle connaîtra le bonheur après bien des vicissitudes. Roman écrit
    avec beaucoup de finesse et des personnages bien étudiés, agréable à lire.

    *Persuasion (1817, roman posthume). Anne Elliot n’est pas appréciée par sa famille qui ne la comprend pas. Seule, une amie de sa mère décédée, reconnaît son intelligence et sa douceur. Elle évolue dans un milieu austère, futile, fait de convenances. Ayant connu un échec dans sa vie sentimentale à 19 ans, elle retrouvera 8 ans après, son premier amour, le lieutenant Wentworth qu’elle épousera. Intéressant  mais des longueurs.

    *Northanger Abbey (1817, roman posthume). La jeune et crédule Catherine, férue de romans gothiques, découvre la ville de Bath où elle rencontre Henry, qui l’invite à séjourner à Northanger Abbey, propriété de son père. Entrepris en 1798, ce roman est une parodie pleine d’esprit, où l’auteure ne ménage pas son ironie, visant ici les hommes, leurs chevaux et leurs rodomontades, là les femmes et leur passion de toilettes et de romans. Tous les ridicules, toutes les frivolités  sont ciblés dans cette subtile comédie amoureuse, pleine d’humour et de bon sens. Lecture agréable.

    Sanditon, dernier roman inachevé, publié en 1925. Mr Parker est désireux de transformer sa petite station balnéaire Sanditon en une station réputée. Sa jeune invitée Charlotte, dissèque en s’amusant, les caractères et les comportements sociologiques de ce microcosme bourgeois et provincial. Après de longues descriptions fastidieuses, les dénouements classiques feront de ce roman peu attractif un modèle de la littérature grand public.

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    Club de lecture du 22 Septembre 2015 : sujet libre

    *La part des flammes, de Gaëlle NOHANT (2015), née en 1973. Paris, 4 mai 1897 : Le Bazar de la Charité vient d’ouvrir ses portes, pour les ventes de charité de l’année dont les comptoirs sont tenus par les Dames de la Haute Aristocratie de la ville. Mais  un gigantesque et horrible incendie ravage entièrement le bâtiment. A travers ce tragique évènement décrit avec minutie, l’auteure raconte l’histoire de 3 femmes très différentes. Très beau livre alliant gravité et émotion et entraînant le lecteur de rebondissements en révélations.

    *Check-point, de Jean-Christophe RUFFIN (2015), né en 1952, médecin, écrivain, historien et diplomate français. Le roman se présente comme un huis- clos dans lequel 4 hommes et 1 femme sont enfermés dans les cabines de 2 camions pour y vivre en Bosnie le déchirement de leurs certitudes dans une action humanitaire destinée à apporter vivres et médicaments aux victimes de la guerre. Bien écrit, intéressant par le récit mesuré d’épisodes tragiques ainsi que le vécu douloureux des protagonistes.

    Les enfants du Jacaranda, de Sahar DELIJAN, prix des lecteurs 2015.Téhéran, 1983. Neda naît dans la prison d'Evin. Elle est arrachée à sa mère quelques semaines plus tard. Alors qu’il a 3 ans, Omid est témoin de l'arrestation de ses parents dissidents. Comme d'autres enfants de prisonniers politiques, Neda et Omid seront élevés par leurs proches, à l'ombre des jacarandas, ces arbres violets flamboyants qui berceront leur enfance. Vingt ans après, leur génération porte toujours le poids du passé, au moment où commence une nouvelle vague de protestations et de luttes politiques...Inspirée par sa propre histoire, Sahar Delijan raconte l'itinéraire de trois générations d'hommes, de femmes et d'enfants, épris de poésie, de justice et de liberté. Beau roman bien écrit, qui rend un vibrant hommage à la liberté.

    *Le restaurant de l’amour retrouvé, d’Ito OGAWA, premier roman (2013) de  cette écrivaine japonaise née en 1973. A la suite d’un chagrin d’amour qui lui fait perdre sa voix, Rinco,  jeune femme de 25 ans, décide de revenir dans son village. Elle y ouvre un restaurant qui fait découvrir ses dons insoupçonnés dans l’art de rendre les gens heureux en cuisinant pour eux des plats médités et préparés comme une prière. Livre lumineux sur le partage et le don, d’une écriture limpide. Ode à la cuisine dont l’épice secrète est l’amour. A la fois très beau et original.

    *Les partenaires, de John GRISHAM  (2012), né en 1955, auteur américain spécialisé dans les romans judiciaires. Le jeune héros David Zinc est avocat dans un prestigieux cabinet de Chicago. Un jour, pris d’une crise d’angoisse due au surmenage, il décide de ne pas se rendre à son bureau et  se retrouve par hasard dans un cabinet d’avocats minable où il demande à être engagé. C’est alors qu’il va comprendre le fonctionnement d’un des 2 associés, prêt à employer tous les moyens même peu recommandables pour gagner de l’argent. Roman trop long, trop détaillé.
    *Certaines n’avaient jamais vu la mer, de Julie OTSUKA (2012), écrivaine d’origine japonaise née en Californie en 1962. Au début du 20ème siècle, de jeunes adolescentes japonaises embarquent pour la Californie afin d’épouser un homme qui devait leur rendre la vie plus facile. Hélas, à leur arrivée, leurs rêves s’effondrent. Mari âgé, vie harassante dans les plantations successives, humiliations de toute sorte. Ce livre  est le résultat de 8 ans de recherches par l’auteure. Inspiré de l’histoire de ses grands- parents et donc  basé sur des faits réels, il explore le passé de cette communauté. Bouleversant.

    *Bel ami, de Guy de MAUPASSANT (1850-1893). Doté d’un physique avantageux, George Duroy, dit Bel-Ami, rencontre par hasard un ami qui le met sur la voie de l’ascension sociale. Malgré sa vulgarité et son ignorance, cet arriviste parvient au sommet par l’intermédiaire des femmes et du journalisme. Maupassant dénonce cette société parisienne de la fin du XIXème siècle, en pleine expansion capitaliste et coloniale, où la presse, la politique et la finance s’en mêlent. Roman datant de 1885  qui reste un chef-d’œuvre toujours aussi passionnant, à lire et à relire ! Les titres marqués * sont disponibles à la médiathèque


    Club de Lecture du 23 Juin 2015 : Sujet Libre.

     * Le Maître a de plus en plus d’ humour, de MO  YAN
    Mo Yan est le pseudonyme de l’auteur signifiant « celui qui ne parle pas » ses parents lui ayant appris de ne jamais s’exprimer à l’extérieur; né en 1955 dans une famille rurale , il travaille en usine puis intégre l’ Armée Populaire de la Libération au sein de laquelle il sera diplômé de l’ Institut des Arts et des Lettres en 1986 ; il démissionne de l’armée en 1999.
    Il est Prix Nobel de Littérature en 2012 pour « son réalisme hallucinatoire unissant le conte, l’ histoire  et le contemporain ». Son œuvre est composé de 80 romans, essais et Nouvelles.
    Le Maître Lao Ding, protagoniste de la Nouvelle, 60 ans, est licencié de son usine en faillite à un mois de sa retraite. Désespéré, il trouve une idée géniale : louer pour quelques heures un vieux car rénové en « petit nid d’amour », à des couples d’amoureux… mais une nuit de terreur va l’attendre…
    L’auteur dépeint la société chinoise contemporaine dans un conte féroce et délicieusement naïf, de manière amusante et pleine d’humour.

    Un homme à distance (2012), de Katherine PANCOL
    L’auteure est née à Casablanca en 1954 et arrive en France à l’âge de 5 ans. Professeur de français et de latin, puis journaliste à Paris-Match ; depuis son premier roman en 1979, elle se consacre à l’écriture.
    « Un homme à distance » est un roman épistolaire, une correspondance entre Kay Bartholdi libraire à Fécamp et Jonathan Shields un américain chargé de créer un guide des endroits de charme en France. Dialogue basé sur des références livresques, sur un ton officiel, puis inquisiteur, devenant plus tendre. Ils se font des confidences : Kay a des doutes sur l’identité de l’homme et de tristes souvenirs réapparaissent… c’est son ex-amant, l’homme qui l’a « défaite, blessée, flouée »…
    Ce livre n’est pas triste, empreint de sensibilité, d’humour et d’un pouvoir émotionnel important.

    Route de la Soie  (15 mars-10 juin 2015) une lectrice raconte son voyage ; partis à 2 voitures 4x4 sur les routes et villes « mythiques » : Erzurum en Turquie ; Tabriz, Mashhad (lieu de pèlerinage)   en Iran ; Mari ancienne ville carrefour pour les caravanes (très décevant) au Turkmenistan  ; Bukhara, Samarqand, Khiwa en Uzbekistan et les superbes monuments ; les caravansérails, les déserts sans fin, les montagnes enneigées au nord de Téhéran  ; mais aussi les magnifiques monuments de l’Ancienne Perse : Ispahan, Persépolis, Shiraz…   les mosquées , palais et leurs mosaïques, les jardins persans et les astucieux canaux souterrains millénaires… Par contre un choc empreint de tristesse au « Cimetière des Bateaux » sur une Mer d’Aral qui n’existe plus ; la ville de Moynaq (Uzbekistan) qui fut le plus grand port de la Mer d’Aral et ses  nombreuses conserveries avant que l’URSS y pompe toute l’eau pour l’irrigation des champs de coton : une catastrophe écologique par la faute de l’homme et une situation irréversible et aucun avenir pour la population de Moyaq.
    Mais ce qui a le plus touché les caravaniers modernes ce fut  « l’accueil chaleureux du peuple iranien » , toujours prêt à rendre service, d’une hospitalité incroyable et d’une gentillesse extraordinaire, n’ayant jamais été importunés, que ce soit dans les villes ou dans les campagnes, invités à prendre le thé, à partager les repas, offrant un fruit , un gâteau , un verre de lait ou du yaourt … et tous de dire :
    « … Merci d’ être venus visiter l’Iran… faites connaître notre pays. »


    Club de lecture du 2 juin 2015 : la condition féminine.

    *Le Journal d’une femme de chambre d’Octave MIRBEAU (1850-1917). A travers le regard d’une soubrette, Célestine, ce roman paru en 1900 s’emploie à démasquer les honnêtes gens pires que les canailles, les turpitudes que la bourgeoisie réserve à ceux qui la servent en même temps que les vices cachés sous des dehors de respectabilité et de religion. Roman vigoureux et audacieux, document captivant sur la domesticité féminine du début du XXème siècle.

    Petit manuel scolaire catholique d’économie domestique pour les femmes de 1960, source INTERNET. Cet ouvrage explique aux jeunes filles et aux femmes de l’époque les règles d’une vie conjugale harmonieuse ! A la fois amusant et édifiant sur la mentalité de ces années, on appréciera les changements survenus depuis!!

    *Tous mes jours sont des adieux de Maria ADLE (1998). Beau roman sentimental où l’auteure repart en Iran sur les traces de son arrière grand- mère. Elle constate une transformation de la société qui va dans le bon sens, avec un vent de liberté.

    *Regard persan de Sara YALDA (2007). Née en 1967 en Iran qu’elle quitte pendant les émeutes de 1977 pour la France, l’auteure revient 27 ans plus tard dans son pays pour y retrouver sa famille. Elle décrit la société féminine à Téhéran plus libérée que dans les zones rurales. Récit sur une certaine partie de la société iranienne. Très intéressant.

    * La chute des géants de Ken FOLLET (2010). En dehors de l’immense fresque sociale et politique que cet écrivain gallois né en 1949 nous fait vivre dans son œuvre, on trouve tout le déroulement de la condition des femmes qui s’émancipent à cause de la guerre 1914-1918. Les femmes de 5 familles de nationalité et de classe différente ont toutes un rôle prépondérant dans la vie agitée de cette période.

    *Moi, Malala, je lutte pour l’éducation et je résiste aux talibans de Malala YOUSAFZAI (2013). Récit bouleversant d’une famille exilée à cause du terrorisme ; d’un père qui envers et contre tout a fondé des écoles ; de parents courageux qui, dans une société où les garçons sont rois, ont manifesté un amour immense à leur fille et l’ont encouragée à s’instruire, à écrire, à dénoncer l’insoutenable et à exiger, pour toutes et tous, l’accès au savoir. Refusant l’ignorance à laquelle la condamnait le fanatisme des talibans au Pakistan, Malala Yousafzai résolut de se battre pour continuer d’aller à l’école. Son courage faillit lui coûter la vie en 2012 alors qu’elle n’avait que 15 ans. C’est la plus jeune personne décorée du prix Nobel de la Paix en 2014.
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    Club de lecture du 5 Mai 2015 : L’Ile Maurice, littérature, vie culturelle.

    Présentation, magazine GEO de Décembre 2003. Ile de l’océan Indien à l’est de Madagascar, 1865 km2, 1 million d’habitants, capitale Port Louis. Française de 1715 à 1814 puis britannique, indépendante depuis 1968.Culture de la canne à sucre depuis le XVIIIème siècle. Le tourisme y est florissant. Son peuple est composé d’Indiens, de créoles, de blancs, de métis, de religions diverses.

    La maison qui marchait vers le large (2001), de Carl De SOUZA, né en 1948 à l’île Maurice. A  La Motte, faubourg du vieux Port Louis, vit un petit peuple de musulmans d’origine indienne, de chinois, de créoles et M Daronville, un blanc âgé,  paralytique et grincheux qui dans sa superbe demeure coloniale domine le quartier. Dans ce livre « tragi-comique » les habitants, victimes de pluie torrentielles, récidivantes, voient leurs maisons glisser vers le port, ce qui ajoute aux difficultés du quotidien et à la carence d’une gestion adaptée. Livre émouvant bien écrit mais parfois pas toujours facile à lire à cause de l’emploi du créole.

    Blue Bay Palace (2004), de Natacha APPANAH-MOURIQUAND, écrivaine mauricienne née en 1973. Ce roman raconte l’histoire d’une passion amoureuse et malheureuse entre une jeune fille pauvre et un homme riche, tous les deux d’origine indienne mais de caste différente. L’auteure montre une île partagée entre une image de carte postale et une réalité plus dure d’une société marquée par les classes et les préjugés. Ecriture sobre, pleine de sensualité et de douceur poétique mais aussi de beaucoup de violence et d’abandon. Très beau livre.

    *Le sari vert (2009), d’Ananda DEVI, écrivaine mauricienne née en 1957 de parents d’origine indienne. Dans une maison sur l'île Maurice, un vieux médecin à l'agonie est veillé par sa fille Kitty et  sa petite-fille. Entre elles et lui se tisse un dialogue d'une violence extrême, où affleurent progressivement des éléments du passé, des souvenirs, des reproches, et surtout la figure mystérieuse de la mère de Kitty, l'épouse du « Dokter-Dieu », qui a disparu dans des circonstances terribles. Elles ne le laisseront pas partir en paix. Alors que le titre évoque la légèreté et la féminité, il devient vite le synonyme de carcan et de linceul. Huis clos très dur dont il ressort une impression dérangeante et malsaine.


    Club de lecture du 14 Avril 2015 : Sujet libre.

    *Orgueil et Préjugés, de Jane AUSTEN (1775-1817). Paru en 1813,  le chef-d'œuvre drôle et romanesque de cette écrivaine anglaise présente des personnages bien campés, une intrigue soigneusement construite et prenante, des rebondissements nombreux, et un humour plein d'imprévu. Derrière les aventures sentimentales des cinq filles Bennet, Jane Austen dépeint fidèlement les rigidités de la société anglaise au tournant des XVIIIe et XIXe siècles. À travers le comportement et les réflexions d'Elizabeth , son personnage principal et seconde fille de la famille, elle soulève les problèmes auxquels sont confrontées les femmes de la petite gentry campagnarde pour s'assurer sécurité économique et statut social, dont la seule solution à cette époque et dans ce milieu est le mariage. Magnifiquement écrit, ce roman est une très bonne étude psychologique, il se lit et se relit avec beaucoup de plaisir.

    Le temps de l’innocence, d’Edith WHARTON (1862-1937). Ecrivaine américaine qui dépeint dans ce roman ( Prix Pulitzer 1921) la société newyorkaise du début du 20ème siècle, ultra policée, moralisatrice, conservatrice, où la perfidie et la mesquinerie règnent partout. Newland Archer est un jeune homme de la haute bourgeoisie promis à un brillant avenir et fiancé à la très chaste May. L’apparition de la scandaleuse comtesse Olanska qui a eu l’audace de quitter son mari va bouleverser sa vie. Très beau roman,  d’une belle écriture classique dont Martin Scorcese a tiré un film magnifique.

    *La trilogie de Katherine PANCOL :

    Les yeux jaunes des crocodiles (2007). Ce roman se passe à Paris. Et pourtant on y croise des crocodiles. Il parle des hommes. Et des femmes à travers 2 personnages principaux, Joséphine et sa sœur Iris. Celles que nous sommes, celles que nous voudrions être, celles que nous ne serons jamais, celles que nous deviendrons peut-être. Ce roman est l'histoire d'un mensonge. Mais aussi une histoire d'amours, d'amitiés, de trahisons, d'argent, de rêves. Plein de rires et de larmes, ce roman, c'est la vie.

    La valse lente des tortues (2009) conjugue intrigues et suspense. On y retrouve tous les personnages du 1er roman dont le rappel est trop long. Joséphine est plus affranchie, Iris va connaître la brutalité de certains hommes.

    Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi (2011) souffre aussi de quelques longueurs mais a le mérite de nous entrainer dans une affaire policière bien menée et de nous faire suivre l’évolution de tous les personnages avec l’entrée des enfants dans le monde professionnel et amoureux.
    Ces 3 romans pourraient se lire indépendamment les uns des autres, ils sont tous agréables et faciles à lire.

    *Café cafés, de Michel BRAUDEAU  (2007). Écrivain voyageur, l’auteur nous parle d’une boisson connue de tous : le café qui donna son nom à des commerces où les amateurs le consomment ensemble. Il nous fait découvrir les cafés les plus célèbres des grandes villes comme Venise, Vienne, Madrid, Lisbonne, Prague et bien sûr Paris. Parallèlement à cette promenade, une enquête très détaillée est réalisée sur l’origine du café, découvert par un chevrier en Ethiopie. Livre très agréable à lire, très bien documenté et très enrichissant.

    *La chute des géants, de Ken FOLLET (2010). Roman à caractère « historique » basé sur des faits et des personnages historiques mais aussi sur des situations fictives. Il se déroule dans une des périodes les plus violentes de notre histoire internationale, la guerre de 1914-1918, ainsi qu’au milieu de bouleversements politiques de grande ampleur (chute du dernier tsar de Russie). Intéressant mais moins palpitant que « les piliers de la terre ».
    *Bon petit soldat, de Mazarine PINGEOT (2012). L’auteur raconte son enfance particulière puisqu’elle était la fille cachée du président François Mitterrand et d’Anne Pingeot. Toute petite, elle a appris à rester à l’écart et à ne pas manifester ses émotions en public. Son existence ayant été dévoilée à la mort de son père, elle dut affronter brutalement la pleine lumière et la curiosité des gens. A présent, elle est professeur de faculté et mère de 3 enfants et semble devenue plus sereine.
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    Club de lecture du 24 Mars 2015 : le XVIIème siècle, littérature.

    Généralités : Au XVIIème siècle, la littérature n’a pas d’autre sens que celui des belles lettres et se disait uniquement « productions de l’esprit envisagées comme œuvres d’art ». Les idées s’expriment dans la poésie et le théâtre, la prose, parmi les Précieuses (dames qui fréquentaient l’hôtel de Rambouillet à Paris), et dans la querelle des Anciens (dont les références étaient les poètes de l’Antiquité grecque) et des Modernes (pour lesquels la Bible était une source plus riche que la mythologie grecque).

    Jean de La Fontaine (1621-1695), de René RADOUANT. Sa carrière de conteur commence avec la publication de nouvelles en vers tirées de Boccace et de l’Arioste, précédant la série glorieuse de ses grandes œuvres. Les fables sont couronnées de succès. Ce fut un homme curieux de la vie, ouvert à toutes les formes de l’activité et de la pensée, sachant observer ses semblables. En parlant d’Esope, fabuliste de l’Antiquité, il écrit : «  Si j’ajoute du mien à son invention, c’est pour peindre nos mœurs et non point par envie ».

    *Lettres de Mme de SEVIGNE (1626-1696). Orpheline très jeune, elle épouse en 1644 le marquis de Sévigné et sera veuve à 25 ans avec un garçon et une fille sur laquelle elle reportera un amour infini. Devenue comtesse de Grignan, celle-ci va se séparer de sa mère qui en sera très affectée et qui pour compenser cette absence, commencera une correspondance avec sa fille. Ces lettres dont certaines s’adressent aussi à des amis de l’écrivaine seront publiées par sa petite-fille en 1734. Tout en exprimant  l’amour maternel, elles témoignent également de la peinture sociale de l’époque à la cour du roi Louis XIV, dans un style souvent très vivant et plein de virtuosité.

    *La princesse de Clèves, de Mme de LA FAYETTE (1634-1693). Ce chef-d’œuvre datant de 1678 est un roman précieux, historique et surtout d’analyse. L’action se déroule à la fin du règne du roi Henri II où l’ambition et la galanterie étaient l’âme de la cour. La passion chez Mme de Clèves, son mari et le duc de Nemours est bien décrite et révèle des sentiments éternels qui ont inspiré par la suite bon nombre d’écrivains.

    *Satires et Epitres, de BOILEAU (1636-1711). Né dans Paris, l’écrivain fin observateur, eut un regard aigu sur la ville et ses habitants avec un coup de plume impitoyable. Les Satires (1657-1668), œuvres de jeunesse sont « bourgeoises », « morales » ou « littéraires ». Les Epitres correspondent à une période plus ambitieuse (1669-1677). Elles abordent des thèmes « historiques », «  moraux » et « littéraires ».Ouvrage plaisant, écrit avec beaucoup d’humour.

    *Les Caractères, de LA BRUYERE (1645-1696). Moraliste, auteur d’un chef-d’œuvre unique qu’il n’aura de cesse d’amender, l’écrivain exprime en pièces brèves et dans le genre du portrait cher à l’époque, ses remarques sur les mœurs du XVIIème siècle. Ainsi il n’hésite pas à fustiger les magistrats corrompus, les médecins souvent charlatans et les gens d’église qui mènent une vie frivole et inutile. La présentation des chapitres  sous forme de paragraphes sans lien entre eux peut donner un aspect confus à la lecture de cet ouvrage qui reste cependant une belle observation sur l’homme et  la société.

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    Club de lecture du 3 Mars 2015 : le XVIIème siècle, les Arts.

    *L’art classique et le baroque, de Pierre CABANNE, historien et critique d’art. Deux grands courants artistiques règnent en Europe au XVIIème siècle : le classicisme surtout exprimé dans l’architecture, et le baroque dans la peinture et les arts décoratifs. Le premier représente la mesure et la raison tandis que le baroque, né en Italie, se complaît dans l’exagération du mouvement, la surcharge décorative, la grandeur parfois pompeuse et le contraste. Baroque et classicisme comportent de nombreuses variantes selon les pays, les sociétés et la religion.

    *Demeures parisiennes sous Henri IV et Louis XIII, de Jean-Pierre BABELON, conservateur aux archives nationales. L’arrivée au pouvoir de Richelieu marque le retour à une plus grande rigueur et au respect des règles architecturales. Le Paris du XVIIème siècle entoure le noyau médiéval avec des terrains conquis sur les anciennes murailles. La « coutume » (1607) interdit la construction de maisons en bois à cause des incendies, sauf sur les ponts. Grâce à de nombreuses carrières, de plus en plus de maisons sont en pierre et brique. Livre intéressant mais parfois trop technique.

    Le Pont- Neuf, extrait du dictionnaire historique de PARIS (1985). Jusqu’au XVIème siècle, Paris ne comptait que 4 ponts. La nécessité absolue eu égard au trafic et aux habitations conduisirent Henri IV à initialiser la construction du Pont-Neuf qui fut terminé en 1603. Malgré son nom, c’est  le plus ancien pont de Paris car le premier en pierre. Il  se caractérise par l’absence de maisons, la vue sur le palais du Louvre, les trottoirs hauts de 4 marches pour protéger les piétons, les bouquinistes, la pompe de la samaritaine et la statue d’Henri IV.

    *Caravage (1572-1610), de Alfred MOIR. Michelangelo Merisi dit Le Caravage naquit en Lombardie à Caravaggio vraisemblablement. Très rapidement, il se mit à la peinture mais faute de professeur, il dut se rendre à Milan qu’il quitta pour Rome après avoir été emprisonné pour crime…
    En 1595, il s’installera chez le cardinal del Monte qui le soutiendra toute sa vie. Le Caravage devient le maître incontesté des scènes de genre comme « Le concert des jeunes » où se mélangent érotisme et homosexualité.
    Quand il commence à peindre des sujets religieux, il les peint dans un cadre naturel (d’où le terme de précurseur du Naturalisme) comme pour rappeler que l’humanité terrestre et le divin sont intimement liés. En fuite après avoir tué un rival amoureux, il arrive à Messine en 1608 où il décroche une commande « La résurrection de Lazare » qu’il tailladera car on l’aura critiquée…
    Malgré un caractère brutal et querelleur, voyou et insolent il savait être un courtisan raffiné. Sa renommée artistique fera que le futur pape Urbain VIII deviendra en 1623, client du Caravage.
    Poussin, Rubens, de La Tour le copieront.
    Avec une œuvre de 48 tableaux, son influence fut une révolution esthétique car le télescopage entre la divinité et la sacralité d’un thème et son traitement profane était une audace.

    *Georges de La Tour (1593-1652), par Jacques THUILLIER (1973), dossier de l’Art et Télérama hors-série sur l’expo oct-nov 1997. Artiste lorrain, devenu un des habitants les plus riches de Lunéville, au confluent des cultures nordique, italienne et française,  observateur pénétrant de la réalité quotidienne. Il a un goût prononcé pour les jeux d’ombre et de lumière notamment dans ses effets de clair-obscur qu’il introduit dans ses scènes nocturnes, ce qui fait de lui l’un des continuateurs du Caravage. Il fut béni des rois dont Louis XIII et les ducs de Lorraine. Longtemps oublié, redécouvert en 1915 et beaucoup copié, on ne lui attribue avec sûreté que 30 à 40 œuvres dont « la diseuse de bonne aventure », « la femme à la puce » et  « le tricheur à l’as de carreau ».
    Jacques Callot, miroir de son temps (1592-1635), de Georges SADOUL. Né à Nancy, issu d’une famille anoblie par le duc de Lorraine, J. Callot entre en apprentissage chez un orfèvre nancéen puis se rend en Italie où il travaille sa propre technique. Avec son échoppe (burin triangulaire), il décrit le somptueux des cours royales et ducales, la joie de vivre des comédiens, la misère des gueux et surtout celle de la guerre de Trente Ans avec beaucoup de finesse. Exclusivement dessinateur et graveur, il acquière de son vivant une grande popularité qui perdure encore aujourd’hui.

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    Club de lecture du 3 février 2015 : le XVIIème siècle en France, Histoire et biographies.
    Siècle marqué par le règne de 2 rois : Louis XIII (1601-1643) et Louis XIV (1638-1715)
    Le premier, fils aîné d’Henri IV et de Marie de Médicis, n’a que 8 ans à la mort de son père, assassiné en 1610. Il ne gouvernera qu’en 1614 à sa majorité, sa mère ayant assuré la régence en laissant le pouvoir à Concini que le roi fera assassiner et succéder par le duc de Luynes. Après la mort de celui-ci en 1621, le roi fait appel à Richelieu en 1624 qui sera son principal ministre. Grâce à lui, Louis XIII installera son autorité de monarque absolu pour imposer ses fonctionnaires aux dépens des anciens privilégiés.

    *Louis XIII Le Juste, de Georges BORDENOVE (1981, actualisé en 2013). Roi méconnu, âme sensible, serviteur du devoir politique et de la gloire de la France, il sera opprimé puis combattu par sa mère qui ne l’aimait guère,  trahi par sa propre femme Anne d’Autriche, par Monsieur son frère et ses amis les plus proches. De santé fragile et malgré les complots, il ne déviera jamais de la route qu’il s’était tracée. Sa perspicace entente avec Richelieu fut l’éclatante réussite de son règne.

    Extrait de La vie quotidienne sous Louis XIV, de Georges MONGREDIER. Un phénomène de société à cette période : l’accession des « bourgeois », jusque- là mis au niveau des artisans, au rang de grande classe sociale enrichie et honorée par une noblesse envieuse. Hanté par les souvenirs de la Fronde et craignant les ambitions de la noblesse, Louis XIV fait appel aux bourgeois pour les plus hautes charges du Royaume. Le nouveau bourgeois connaîtra ainsi la fortune et la vanité.

    *Les dames du faubourg, de Jean DIWO(1984). A la fin du 16ème siècle, après les guerres de religion, le faubourg St Antoine à Paris retrouve son activité car nobles et bourgeois ont besoin de meubles. Apparaissent alors les menuisiers-huchiers qui grâce aux dames abbesses de l’abbaye St Antoine qui sont toutes riches et  de très haut rang et s’intéressent beaucoup au bois, parviennent jusqu’aux ateliers du Louvre où ils deviennent maîtres-ébénistes. Parmi cette lignée de grands artistes, André-Charles Boulle qui deviendra ouvrier du roi et inventera la commode. Roman très agréable à lire.

    Les salons, la préciosité, l’Académie française au XVIIème siècle, extrait de « Histoire illustrée de la littérature française », de CROUZET. Panorama de l’évolution des mœurs après les désordres de la fin du siècle précédent. La littérature évolue, les salons se multiplient avant que Louis XIV n’ait organisé autour de lui la cour et les lieux de réception. L’Académie Française tient sa 1ère séance officielle en 1634 et son 1er dictionnaire paraît en 1694. C’est aussi le moment où l’aristocratie intellectuelle conquiert sa place auprès de l’aristocratie de naissance.

    Mademoiselle de Scudéry (source Wikipédia). Née en 1607, orpheline à 6 ans, son oncle lui fait découvrir les lettres et la danse et rencontrer des personnes influentes. Sapho était le surnom, selon la mode du temps, de cet auteur du XVIIe siècle habituée de l’hôtel de Rambouillet avant de lancer, en 1652, son propre salon littéraire, qui donna longtemps le ton de la préciosité, dont elle était l’une des plus célèbres représentantes.
    Elle est, sous le nom de son frère Georges, l’auteur à succès de longs romans galants à clé dépourvus de toute vraisemblance historique où se reconnaissent aisément les portraits de personnages tels que Condé, Mme de Longueville, etc. transposant dans l’Antiquité la vie de la société mondaine de son temps. C’est dans Clélie, histoire romaine, que figure la fameuse « Carte de Tendre » à la géographie galante. Elle meurt en 1701.

    *L’ange du désordre : Marie de Rohan, Duchesse de Chevreuse, de Denis TILLINAC (1985). Née en 1600, Marie, d’origine noble, aura une enfance heureuse au milieu des « fêtes du Louvre » où elle va vite conclure que la scène de ce grand théâtre était la Cour. Marie, connétable de Luynes puis duchesse de Chevreuse sera princesse de tous les désirs avec ses frasques amoureuses et politiques.

    *Julie, chevalier de Maupin, de Anne-France DAUTHEVILLE (1995). Née en 1670, élevée par son père qui enseignera très tôt à sa fille unique l’art de l’escrime, elle épouse à 17 ans Jean de Maupin, homme ennuyeux. Assoiffée de bruit et de fureur, elle court les salles d’armes, habillée en homme. Après avoir appris le métier de cantatrice, elle est engagée à l’opéra par Lulli. A l’aise à la Cour, elle se retire du monde à 30 ans et meurt 7 ans plus tard.

    *André Le Nôtre, biographie de Patricia BOUCHENOT-DECHIN (2013). Né à Paris en 1613 dans une petite maison du jardin des Tuileries, son père Jean Le Nôtre est surintendant des jardins. Dès la fin du XVIème siècle, la valeur du jardinier est reconnue puisqu’il est appelé l’orfèvre de la terre. A 12 ans, André entame l’apprentissage du métier de jardinier et dessinateur. En 1637, il hérite du brevet de son père accordé par le roi. Selon le vœu d’Anne d’Autriche, il va refaire le jardin du château de Fontainebleau. En 1661, la fête à Vaux le Vicomte où l’on découvre la splendeur des jardins marque sa réussite qui repose sur l’équilibre et l’élégance (cascades, canaux, lien entre les espaces). Il devient contrôleur général des Bâtiments, Arts et Manufactures et conseiller du roi Louis XIV qui reconnaît son génie. Parmi ses œuvres : les jardins des châteaux de Versailles, Sceaux, St Cloud, Chantilly, St Germain en Laye et Marly Le Roi. Anobli par le roi en 1675, il se retire à 80 ans et meurt, riche et célèbre, en 1700.

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    Club de lecture du 13 Janvier 2015 : Sujet libre.

    Article du journal « LE MONDE MAGAZINE » de Novembre 2014 sur les bergers intitulé « revenons à nos moutons ».Un bâton dans une main, le téléphone portable dans l’autre, le berger change d’image et suscite de nouvelles vocations. En France, les 4 écoles spécialisées affichent complet avec pour étudiants, des citadins, des diplômés, des femmes en majorité. Ce métier est très moderne car technique voire scientifique puisqu’on travaille sur du vivant.

    *Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, de Patrick MODIANO, roman 2014. A l’aube de sa vieillesse et sans schéma logique, Jean Dragane fait remonter à la surface de sa conscience l’atmosphère angoissante de son enfance, sa peur de l’abandon. Avec pléthore de réminiscences de noms, d’adresses, de numéros de téléphone, il ressasse ses pensées et ses chagrins d’autrefois. Livre moyennement apprécié..

    *Pas pleurer, de Lydie SALVAYRE, écrivaine française d’origine espagnole, née en 1948. Prix Goncourt 2014, ce roman autobiographique fait entendre 2 voix : celle de Montse, mère de la narratrice qui n’est autre que celle de l’auteure se remémorant et racontant à sa fille les moments d’euphorie du début de la révolte libertaire de 1936 en Espagne. Et celle de Bernanos, installé à Majorque et témoin des atrocités commises par les nationaux avec la bénédiction de l’Eglise. Beau livre écrit avec force et finesse.

    *La mort du français, de Claude DUNETON (1935-2012), romancier, traducteur, remarquable historien du langage. Dans cet ouvrage paru en 1999, l’auteur expose la thèse suivante : « Vivons-nous aveugles et impuissants la mort du français ? ». Il évoque l’importance qu’a eue la suppression des langues secondaires, dialectes et patois notamment, au début du siècle dernier alors que les 4/5 de la population ne pratiquaient pas la langue française. Ouvrage passionnant et sans doute très actuel.

    *Juste avant le bonheur, d’Agnès LEDIG, née en 1972, sage-femme. Après le décès de l’un de ses enfants, elle écrit pour renouer avec les bonheurs simples de la vie. Dans ce roman paru en 2013, Julie, 20 ans, qui élève seule son fils Lulu se lie d’amitié avec  Paul quinquagénaire généreux et désintéressé qui l’invite à passer quelques jours dans sa belle villa de bord de mer en Bretagne. Ils y retrouvent Jérôme, le fils de Paul, qui se remet mal du suicide de sa jeune femme. Gaieté et optimisme reviennent grâce à l'attachante présence du petit Lulu. Mais la survenue d’évènements dramatiques va en faire des êtres désemparés qui tentent de réapprendre à vivre et à saisir une deuxième chance. Livre plein de chaleur et d’amour écrit dans un style très agréable.

    *Je vais mieux, de David FOENKINOS, écrivain français né en 1974, Prix Renaudot 2014 avec « Charlotte ». Roman publié en 2013 : un homme se réveille un matin avec un mal de dos qui  s’accentuera de jour en jour jusqu’à lui faire prendre conscience de son origine psychosomatique. Il parviendra à y remédier par étapes, en réglant tout ce qui ne va pas autour de lui. Ecrit avec humour et agréable à lire. Un bémol : l’emploi abusif des points de suspension pour traduire les silences dans les dialogues !

    *Nymphodora Ivanovna, d’Ivan GONTCHAROV, écrivain russe (1812-1891). Vif et bref, ce  roman de mœurs publié seulement en 1993, a pour héroïne une jeune femme désemparée depuis qu’elle a perdu son mari, retrouvé en mauvais état et méconnaissable. Ouvrage agréable et original dans l’écriture qui manie l’ironie aussi bien vis-à-vis du lecteur que des personnages.

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    Club de lecture du 16 Décembre 2014 : l’Inde, littérature.

    Tariq ALI, né à Lahore en 1943. Journaliste, historien, écrivain, commentateur politique britannique, d’origine pakistanaise.

    Un sultan à Palerme (2005). Roman d’aventures, à la narration dynamique. L’auteur en explorant la période charnière où la tolérance à l'origine du rayonnement de la Sicile du XIIe siècle cède la place à la violence, tente de comprendre les convulsions du monde contemporain. Premier volet de cinq romans qui évoquent chacun, un moment où éducation et culture étaient synonymes d’une parfaite coexistence entre les religions.

    Jhumpa LAHIRI, née à Londres en 1968, de parents bengalis. Installée à New York où elle a reçu le prix Pulitzer pour ce premier livre.

    * L’interprète des maladies (2003). Recueil de 9 nouvelles où les personnages sont presque tous, comme elle, des Indiens de la diaspora, des enfants du déracinement et du mélange des cultures, qui en vivent les déchirements et les conflits, politiques ou familiaux. Mais ce jeune auteur qui réussit si bien à devenir, selon sa formule, l'interprète de leurs maladies, de leur mal de vivre, de leurs tourments, sait aussi exprimer admirablement l'espoir et l'apaisement qui succèdent à la nostalgie. Très intéressant et agréable à lire.

    Anita NAIR, née en 1966 en Inde .

    * Le chat karmique (2005). On côtoie dans ces treize nouvelles des épouses ou des époux auxquels des rencontres, avec une vieille sorcière détentrice de pouvoirs magiques ou une prostituée à l’entêtant parfum de jasmin, offrent la possibilité d’échapper à une vie conjugale trop monotone. L’omniprésence d’un univers magique, parallèle, suggère que ce qui se passe sur cette terre n’est souvent que le jeu ironique de forces qui nous dépassent et que l’incarnation de notre destin, de notre karma, pourrait bien n’être, comme dans la nouvelle qui donne son titre au recueil, qu’un chat. Intéressant malgré parfois des détails trop crus.

    Talisma NASREEN, née en 1962 au Bangladesh (ancien Pakistan oriental), gynécologue de formation, elle se consacre à l’écriture pour exprimer son combat pour la laïcité et sa philosophie féministe.

    * Lajja (la honte, 1994). L’histoire raconte le drame vécu par une famille hindoue lors de la destruction d’une mosquée en 1992 au Bangladeh et les exactions qui ont suivi. La « honte » n’est pas seulement celle ressentie par les auteurs de tous les crimes commis de part et d’autre dans tout le pays mais aussi par les victimes qui pour survivre en sont réduites à se cacher, à s’exiler ou à se renier. Roman –reportage qui a le mérite de faire ressortir l’ampleur de ce dramatique évènement.

    * L’alternative (1997). Ce récit est un échange de lettres entre deux sœurs, dont l’une vit à Dacca au Bangladesh et l’autre est restée au village avec ses parents. Elles évoquent leur situation de femme, que l’aînée trouve injuste du fait qu’elles  ne jouissent pas des mêmes droits que les hommes. Elles se retrouveront à Dacca où l’aînée, enceinte, décide d’élever seule son enfant. Intéressant et agréable à lire.

    Arundhati ROY, née le 24 novembre 1961 en Inde. Elle est connue pour son engagement en faveur de l'écologie, des droits humains et de l'altermondialisme.

    * Le dieu des petits riens ( 1997), est un roman semi-autobiographique contre le système de castes qui justifie la discrimination et la mondialisation. Il raconte la vie de jumeaux, Estha et Rahel, dont l'enfance fut frappée par un évènement traumatisant qui les a séparés. Le livre décrit également la façon dont les petits riens de la vie grandissent, affectent le comportement des gens ainsi que le déroulement de leur vie.

    Vikas SWARUP, né en 1963 en Inde, écrivain et diplomate indien.

    * Les fabuleuses aventures d’un indien malchanceux qui devint milliardaire (2005, adapté au cinéma en 2008). C'est l'histoire d'un jeune Indien, Ram Mohammad Thomas qui gagne la somme maximale à un jeu télévisé. Etant un pauvre orphelin et considéré comme un ignorant, il passe pour un tricheur auprès des organisateurs. Une avocate vient à son aide, il lui raconte alors les épisodes de sa vie qui lui ont permis de répondre à chaque question du jeu. Chaque chapitre du livre raconte ces anecdotes ; mises ensemble, elles forment l'histoire du jeune Thomas et la raison pour laquelle il a choisi de participer au jeu. Beaucoup d’humour dans ce livre qui nous donne aussi une description de l’Inde et de sa misère.

    * Pour quelques milliards et une roupie (2014). L’auteur nous raconte l’Inde d’aujourd’hui dans le style « Bollywood » et sous forme de conte. L’héroïne rencontre un richissime industriel qui lui promet un poste mirobolant à condition de passer des épreuves de plus en plus difficiles et rocambolesques. Elle doit résoudre les problèmes de la vie et chercher le coupable. Beaucoup d’humour, et même de poésie pour des thèmes intéressants et très réels.
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    Club de lecture du 25 Novembre 2014 : l’Inde, vie culturelle

    *L’Inde contemporaine de 1950 à nos jours, publié par le centre d’études et de recherches internationales sous la direction de Christophe JAFFRELOT (2008). Après l’indépendance de l’Inde (15/08/1947), on observe un souffle réformiste, une soif de progrès qui se combinent avec l’exaltation d’une culture nationale enfin libérée du joug colonial. Parmi les 6 chapitres du livre, on note celui consacré aux images, (tradition ancestrale d’illustration et d’enluminure des textes), à la peinture où l’Etat joue un rôle essentiel grâce au mécénat, et au cinéma avec le triomphe international du film Bollywood.

    Idées reçues sur l’Inde contemporaine, de Blanche RIPERT et Pascale HAAG (sept. 2014).
    L’Inde, héritière d’une des plus anciennes civilisations du monde, terre surpeuplée, effrayante et fascinante, a voulu montrer sa capacité de réaction en situation de crise en refusant l’aide internationale lors du tsunami de 2004.
    Ce livre est une introduction à la compréhension de ce pays présenté comme une puissance émergente du troisième millénaire. Les auteures analysent les aspects historiques, culturels, économiques et sociaux, en s'appuyant notamment sur les idées reçues en vigueur à propos de l'Inde et de ses habitants : culte des vaches sacrées, pauvreté, castes, etc.

    Asie Méridionale, des pays et des hommes, édition LAROUSSE (1991). Présentation de l’Inde, 2ème pays le plus peuplé au monde ( 1,252 milliard d’habitants en 2011), ses frontières, ses lieux d’intérêt et ses religions diverses. L’hindouisme est la religion principale du pays (80,5% de la population) avec  les principaux dieux  Brahma, Vishnu et Shiva et son système de castes toujours influent malgré son interdiction par le gouvernement indien. Le sikhisme, le jaïnisme et le bouddhisme ont également leurs origines en Inde. L’islam reste la 2ème religion.

    Article du journal « l’EXPRESS » de déc. 2012. Brassage des peuples, des langues, des religions, faiblesse de l’état, force des castes, tels sont les thèmes principaux pour appréhender cette civilisation féconde. Son histoire, son organisation et ses valeurs suscitent encore tant de malentendus en Occident.

    L’ Inde, LE GRAND LIVRE du MOIS, chapitre « le goût du thé » (2008). Depuis plusieurs générations, des femmes travaillent dans les plantations de thé à Darjeeling en Inde. Ces cueilleuses  ont commencé avant l’indépendance de l’Inde, au temps des Anglais. Les Indiens adorent le thé dont ils ont dérobé les secrets aux chinois. Sa préparation est théâtrale et le meilleur thé est servi dans de petites coupelles en argile, brisées ensuite sur le macadam dans un but écologique. Le fleuron de la production indienne est le darjeeling, très onéreux.

    *Hommage à l’Inde par Olivier FÖLLMI (2011), photographe, passionné de l’Inde où il a vécu pendant 20 ans. Très bel ouvrage, illustré de magnifiques photos qui révèlent la curiosité dans les yeux d’un enfant, la beauté et l’élégance des femmes au travail, la sérénité des vieillards, les paysages divers avec la splendeur de l’Himalaya. L’auteur a su nous faire pénétrer dans cette terre de contrastes et nous ouvrir les portes d’un pays qu’il a compris et aimé avec passion. A lire absolument !

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    Club de lecture du 4 Novembre 2014 : la guerre de 1914-1918 ou sujet libre

    Le déclenchement de la première guerre mondiale, article de Géo- Histoire. Moment clef du 28 juin 1914 à 10h50 : l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche à Sarajevo, héritier du trône austro-hongrois, fut l’étincelle qui mit le feu à la poudrière de l’Europe. En juillet 1914 la guerre éclate dans les Balkans et gagne en quelques jours le reste de l’Europe. Elle fut la première guerre totale  de l’histoire car les économies, les industries et les populations tout entières furent appelées à œuvrer pour la victoire ; cette mobilisation contribua largement à la victoire des Alliés sur l’Allemagne.

    Infirmière en 1914, journal d’une volontaire 31 juillet-14 Octobre 1914, de Lucia TICHADOU. Lucia, jeune femme de 29 ans, est enseignante à Perpignan. Elle prend le train pour Paris le 31 juillet 1914 pour rejoindre ensuite sa famille dans l’Aube. Sitôt la guerre éclatée, elle s’improvise comme infirmière à Brienne Le Château, ancien hospice transformé en hôpital militaire où elle panse, soigne, réconforte, assiste à des amputations. Elle décide d’écrire un journal où elle consigne les faits mais aussi ses réflexions et ses interrogations. Beau témoignage de ce début de la Grande Guerre.

    *Un long dimanche de fiançailles, de Sébastien JAPRISOT, romancier français (1931-2003). En janvier 1917, cinq soldats français sont condamnés à mort par le conseil de guerre pour automutilation. Le plus jeune ayant 20 ans, les autres étant ouvrier, menuisier, paysan ou père de famille, tous seront exécutés et jetés, bras liés dans le dos dans une tranchée face à l’ennemi. A cela se greffe une histoire d’amour à l’épreuve de tout puisque la jeune héroïne ira jusqu’au bout de son espoir insensé.  Récit profond, émouvant face à l’irresponsabilité et à la négation de la moindre humanité de la part des autorités militaires de l’époque.

    *La rafale des tambours, de Carol Ann LEE, écrivaine américaine née en 1969. Le 11 novembre 1920, le corps du Soldat Inconnu est mis en terre à l'abbaye de Westminster à Londres. Parmi ceux qui assistent à la cérémonie figure Alex Dyer. Il a dû désigner parmi des corps trouvés sur les principaux champs de bataille, celui qui incarnerait les millions d'hommes morts sur le front de leur patrie. Mais ce n'est pas le hasard qui lui a dicté son choix. Et ce Soldat Inconnu, lui seul sait qui il est. Histoire d’amour également, ce roman fort bien écrit traite de la Grande Guerre sans mélodrame en  mettant en évidence les « tromperies » sur l’identité des morts.

    *Les âmes tranchées, de Patricia HATON, professeur d’histoire. Dans ce premier livre, l’auteure nous fait partager la vie quotidienne des soldats français du 1er aout 1914 à Noël 1916 à travers une famille aveyronnaise. Ce roman basé sur des faits réels (les tranchées de l’Artois, la bataille de Verdun) se lit facilement mais reste poignant.  Les histoires sentimentales des héros fictifs atténuent quelque peu le mal-être que l’on ressent en relisant les souffrances endurées par ces hommes qui pensaient faire une guerre courte et n’étaient pas préparés à tant de sacrifices.

    *Les mots de la grande Guerre, de Thérèse BUROLLET (2005). Conservateur générale du patrimoine, historienne de l’art et historienne, elle a choisi 60 mots pour raconter la vie quotidienne des Poilus sur le front, évoquer les tranchées et aussi les moments de détente dont dépend le moral des hommes, avec à l’appui des œuvres picturales ou photographiques de l’époque. Petit ouvrage bien présenté et très intéressant.

    Demain j’arrête, de Gilles LEGARDINIER. Né en 1965, il se consacre aujourd’hui à l’écriture de scénarios et de romans. Ce 3ème roman est l’histoire d’une jeune femme qui vient de quitter son ami et assiste à une réunion de copains où on fête son « divorce ». L’ambiance est joyeuse et un défi est lancé au cours de la soirée: raconter la plus grosse bêtise qu’on ait faite dans sa vie. Roman très drôle et parfois émouvant.

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    Club de lecture du 14 Octobre 2014 : Les Robots

    *Les Robots, d’Isaac ASIMOV (1920-1992). Ecrivain américain, d’origine soviétique, biochimiste, connu surtout pour ses œuvres de science-fiction et de vulgarisation scientifique. Ce livre publié en 1950 et traduit en France en 1967, est un recueil de nouvelles qui relate les souvenirs de Susan Calvin, robopsychologue, sur l’évolution du robot dans l’histoire humaine depuis Robbie qui en 1996 fut vendu comme bonne d’enfants jusqu’à Byerley qui devient président de la fédération mondiale terrestre en 2044. L’auteur invente les robots « positroniques », c’est-à-dire gouvernés par les 3 lois de la robotique protégeant les humains et a priori parfaits et inviolables. Ouvrage intéressant car un des premiers à avoir popularisé les robots.
    *Viva la robolution, de Bruno BONNELL, entrepreneur, spécialiste du monde numérique et de la robotique. On définit le robot par son autonomie, sa capacité à analyser son environnement et sa fonction . Le mot robot vient du tchèque robota (esclave), bien avant l’informatique puisque datant de 1920. Le Japon et la Corée du Sud sont très en avance. Malgré son retard, la France donne des exemples de robots (ligne 14 du métro à Paris entièrement robotisée, pratique d’opérations chirurgicales à distance…). Avec de nombreux investissements pour la recherche dans ce domaine,  la Robolution est en marche dans tous les pays.
    *Robots et Avatars, de Jean-Claude HEUDIN, directeur de recherches à l’Institut International du multimédia Léonard de Vinci. Ce livre regroupe de nombreuses images photos en commençant par des statues vivantes, des automates, des robots, les intelligences artificielles jusqu’au ghost (esprit humain qui perdure dans la mémoire de l’ordinateur) en passant par le mecha, propre au Japon (robot contrôlé par un humain qui prend place dans la machine) et les avatars qui sont essentiellement virtuels. Livre très bien illustré et intéressant par les explications relativement simples de ce monde irréel dans lequel baigne la jeune génération.
    *Les robots au service de l’homme, de Roger BRIDGMAN. De la colombe mécanique en bois, capable de voler seule inventée 400 ans avant Jésus-Christ par le grec Archytas de Tarente, au monde étrange des Cyborgs, l’homme depuis 1948 a mis au point des machines robotisées, capables d’assumer de multiples fonctions dans l’industrie, l’agriculture, l’aviation, l’espace, le monde sous-marin, l’art et depuis peu la médecine. À travers ce large panorama d'inventions dans de nombreux domaines d'application, voici le vrai visage actuel du robot.
    Article du jounal LE MONDE (été 2014), de Chloe Hecketsweiler. Le groupe américain « Illumina », firme du leader mondial de l’ADN, a mis sur le marché un robot capable de décrypter le génome humain, en moins de 24h pour un coût très inférieur aux années passées. Objectif : détecter les composants génétiques d’un nombre croissant de maladies pour les traiter. Ces recherches permettent également des progrès considérables sur les scènes de crime, en agriculture et pour identifier les victimes de catastrophes naturelles. Grâce à ces avancées génétiques, des cas anciens sont de plus en plus souvent résolus.
    (Les titres marqués* font partie des collections de la médiathèque).

    Club de lecture du 23 Septembre 2014 : sujet libre

    Mémé, de Philippe TORRETON, comédien né en 1965. Véritable lettre ouverte à sa grand-mère décédée en 1998, ce récit simple et touchant, tout en délicatesse et en poésie nous plonge dans la France de son enfance et son adolescence auprès de cette grand-mère aimante et pudique, vivant dans sa ferme normande. Son petit-fils la dit « silencieuse de mots mais bavarde en preuves d’amour ». Elle ira à Paris pour le voir jouer à la Comédie française et lui montrer que le métier d’acteur est un boulot normal.
    Lafayette, de Bernard VINCENT, professeur d’histoire et de civilisation américaines. A 3 mois de ses 20 ans, à peine débarqué dans le Nouveau Monde, les libertés américaines le pénètrent à jamais. De retour en France, son amour de la liberté finit de contaminer à jamais la vieille et déjà chancelante monarchie dans laquelle il est né. Personnalité de la Révolution française, acteur majeur de la monarchie de Juillet, celui qui avait joué un rôle décisif dans la guerre d'Indépendance des États-Unis, Gilbert du Motier de Lafayette (1757-1834) fut autant controversé de son vivant qu'après sa mort. Bernard Vincent choisit l'histoire plus que la politique : Lafayette eut, mieux qu'une vie, un destin.
    La vie rêvée d’Ernesto G., de Jean-Michel GUENASSIA, né en 1950, avocat, scénariste, auteur dramatique.1910-2010 : 100 ans d’une vie bien remplie pour le personnage principal, Joseph Kaplan, né à Prague, juif , médecin, passionné de Carlos Gardel et de ses tangos. Il connaîtra l’exil dans le Djebel, des espoirs et des désillusions notamment en Tchécoslovaquie, des amitiés fortes de communistes convaincus et sincères,  des rencontres avec l’arrivée du mystérieux Ernesto G. L’auteur a su faire de cette vie ballotée, heureuse puis déçue, un magnifique roman, presque une épopée traversant tout le XXème siècle. Très bon livre.
    Foujita, le maître du trait, aux éditions Philippe Picquier. Ce très beau livre présente l’œuvre variée et en constante recherche de cet artiste français, d’origine japonaise (né à Tokio en 1886, mort à Zurich en 1968 ), d’inspiration diverse,  faisant partie de l’école de Paris et influencé par Picasso. En complément de cet ouvrage,  la visite de la maison-atelier de Foujita à Villiers le Bâcle s’avère également très intéressante.
    Expo 58, de Jonathan COE, écrivain anglais , né à Birmingham en 1961. Londres, 1958. Thomas Foley dispose d’une certaine ancienneté au ministère de l’Information quand on vient lui proposer de participer à un événement historique, l’Exposition universelle, qui doit se tenir cette année-là à Bruxelles. Il devra y superviser la construction du Pavillon britannique et veiller à la bonne tenue d’un pub, Le Britannia, censé incarner la culture de son pays. Le jeune Foley, alors qu’il vient de devenir père, est séduit par cette proposition exotique, et Sylvia, son épouse, ne voit pas son départ d’un très bon œil. Elle fera toutefois bonne figure, et la correspondance qu’ils échangeront viendra entrecouper le récit des nombreuses péripéties qui attendent notre héros au pays du roi Baudouin, où il est très vite rejoint par de savoureux personnages. Parodie du roman d’espionnage pleine d’humour « british » de la meilleure encre, ce livre doté d’une plume agréable et fluide reste attachant.
    La moustache, d’Emmanuel CARRERE, écrivain français né en 1957, fils de l’académicienne Hélène Carrere d’Encausse. Un homme décide un jour  de se raser la moustache et alors qu’il s’attend à une réaction de surprise de la part de sa femme et de ses amis, personne ne semble s’en apercevoir. A partir de ce geste anodin, on assiste à une véritable torture psychologique et à une escalade vers la folie. Thriller psychologique, magnifiquement exprimé par une écriture simple et efficace. Très bon livre qui nous tient en haleine jusqu’au bout.
    Club du 24 Juin 2014 : Sujet libre

    * L’Or, de Blaise CENDRARS,
    de son vrai nom Frédéric Louis Sauser, né en Suisse le 01 09 1887 et décédé à Paris le 21 01 1961 ; il fut nationalisé français en 1916.
    L’Or est l’histoire du « Général » Johann August Suter, issu d’une famille bourgeoise aisée, quittant la Suisse sans passeport n’ayant pas obtenu son certificat d’origine et abandonnant sa femme et 4 enfants. Il arrive à Paris, se présente chez un gros client de son père avec une fausse lettre de crédit : l’argent une fois empoché, il embarque au Havre pour New-York.
    Fuyard, vagabond, voleur, sa vie va être faite d’escroqueries, aventures plus ou moins honnêtes, il se retrouve en Californie où il construit tout un empire agricole. Après 14ans il fait venir sa famille : sa femme décède rapidement, mais ses enfants font prospérer l’affaire… jusqu’au jour où l’un de ses directeurs découvre lors d’un chantier… des pépites d’or. La nouvelle se répand vite et c’est le saccage de ses terres… commencent alors de nombreux procès coûteux et inutiles… August Suter est nommé « Général » de San Francisco en qualité de Premier Pionnier ; il meurt en 1880 à 73ans, mais en 1925 la succession restait « ouverte » car le Congrès ne s’était jamais prononcé sur les procès.  Ouvrage intéressant et instructif.


    * L’homme qui voulait être heureux (2008)  de Laurent GOUNELLE
    L’auteur né en 1966, est spécialiste des Sciences Humaines et formé en France et aux Etats Unis. Ses livres expriment sa passion pour la philosophie, la psychologie et le développement personnel.
    Le livre transporte le lecteur à Bali… île très « spirituelle ». Vous êtes en vacances et vous décidez de consulter un guérisseur  plus exactement un « vieux sage » ; ce dernier va vous aider à être plus heureux. L’éclairage très particulier qu’il apporte à votre vécu va vous entraîner dans une aventure captivante : celle de la découverte de soi ; cela peut soit bouleverser votre vie, soit vous faire réaliser vos rêves. Le récit laisse entrevoir à quel point ce que l’on croit peut devenir réalité.
    Ce livre ainsi que « *  Les dieux voyagent toujours incognito » (2010), «  * Le philosophe qui n’était pas sage » (2012) sont devenus des Best Sellers internationaux.

    * Parle-leur de batailles, des Rois et d’éléphants (2010)  de Mathias ENARD
    L’auteur né à Niort en 1972, écrivain et traducteur a étudié l’arabe et le persan à l’INALCO et a fait plusieurs séjours au Moyen-Orient., depuis 2010 il enseigne l’arabe à l’université autonome de Barcelone.
    Le récit se déroule en 1506… Michel-Ange quitte Rome en colère contre le Pape Jules II, mauvais payeur, laissant donc en chantier le futur tombeau de Jules II. De retour à Florence, l’artiste reçoit une invitation du Sultan de Constantinople, le Grand Turc Bayazid plus connu sous le nom de Bajazet, lui demandant la construction d’un grand pont enjambant le Bosphore à la Corne d’Or. Michel-Ange est perplexe devant l’ampleur du travail car il est avant tout sculpteur et peintre et non architecte ; pourtant le vizir Ali Pacha met tout en œuvre pour lui faciliter la tâche …l’artiste mettra du temps à proposer les premières esquisses au Sultan impatient.
    Mathias Enard a merveilleusement bien décrit les sentiments de Michel-Ange ; il ajoute une intrigue, un agent double vénitien, envoyé par le Pape ? quelle était le rôle de cette prostituée juive mise à sa disposition par les bons soins du vizir ?   tous ces personnages sont bien réels car les lettres de Michel- Ange adressées à ses frères sont authentiques et traduites par Mathias Enard. Ce dernier a également démontrer cette formidable « tolérance » où chrétiens, juifs, musulmans, italiens, vénitiens, florentins, arméniens et turcs se côtoyaient pour commercer…. Mais cet équilibre est bien fragile 5 siècles plus tard.   Livre très agréable à lire car écrit dans un style presque poétique.  
    Les livres marqués  « * »  sont disponibles en médiathèque.
    Club de lecture du 3 Juin 2014 : Franz Kafka ou sujet libre

    Biographie de Franz Kafka : écrivain tchèque de langue allemande, né en 1883 à Prague, fils d’un commerçant israélite aisé. Après un doctorat en droit, il occupe à partir de 1908 d’importantes fonctions dans une compagnie d’assurance.  En 1922, il part en retraite anticipée pour raisons de santé (tuberculose). Il meurt en 1924 au sanatorium de Kierling, près de Vienne. Son ami et exécuteur testamentaire Max Brod se chargea de la publication posthume de la plus grande partie de ses écrits, beaucoup ayant été détruits par l’auteur lui-même.
    Son œuvre qui reflète la dépression clinique et la phobie sociale de l’auteur, est vue comme symbole de l’homme déraciné des temps modernes.  Ses personnages évoluent dans un monde où les rapports qui les régissent sont incompréhensibles, où ils sont livrés impuissants à des forces inconnues comme dans un cauchemar. L’atmosphère particulière des romans et nouvelles de Kafka a donné naissance à l’adjectif « kafkaïen », synonyme d’absurde, d’illogique de confus.

    La métamorphose,  nouvelle allégorique publiée en 1915. Un matin, Gregor Samsa se réveille un matin transformé en un « monstrueux insecte », sorte de scarabée, qui cependant continue à comprendre et à penser comme un humain.  Sa famille chez laquelle il vit, l’enferme et son père le prend en haine. Sa mère en a pitié et sa sœur Grete vient le nourrir au début. Mais il doit faire face à une société de plus en plus  hostile, qui amène tout le monde à vouloir se débarrasser de lui. Sa mort est un soulagement pour sa famille qui va pouvoir prendre un nouveau départ.

    Le  Procès, tout comme les autres romans de Kafka,  n'était pas totalement achevé à sa mort, et n'avait pas vocation à être publié. Le manuscrit fut publié pour la première fois en 1925  à Berlin. Si la division et les titres des chapitres sont tous de Kafka, la distribution et la répartition sont de  Max Brod, qui en outre a écarté de la trame principale quelques chapitres incomplets. Ce roman relate les mésaventures de Joseph K. (on ne connaît pas son nom de famille) qui, un matin à son réveil, est, pour une raison obscure, arrêté et soumis aux rigueurs de la justice. Dans un premier temps, il refuse son accusation alors qu’il est innocent, d'autant qu'il ne sait absolument pas de quoi il est accusé. Mais au fil des évènements et de ses rencontres successives, il en vient à être convaincu de la réalité du procès et va donc tout faire pour se faire acquitter, en vain. Ce livre est considéré comme un chef d'œuvre de la littérature mondiale. Le Procès se veut être un roman très réaliste : en effet, le lecteur a l’impression d’être plongé dans un véritable procès et peut s’imaginer dans la peau du héros. L’ambiance qui se dégage du roman est très oppressante et le procès est représenté d’une manière symbolique, comme une étape qui s’interpose dans la vie du héros. Il dénonce les ravages amers de la justice et leur absurdité, traite de la problématique de l’innocence, de la responsabilité, de l’appartenance à une collectivité civile, professionnelle ou religieuse.

    A l’encre russe (2013) de Tatiana de ROSNAY , née en 1961, journaliste écrivaine et scénariste française. Alors qu’il était encore enfant, Nicolas Duhamel a perdu son père, disparu en mer. À vingt-quatre ans, lors du renouvellement de son passeport, il découvre que ce père s’appelait en réalité Fiodor Koltchine et non Théodore Duhamel, son nom d’adoption. Le jeune homme se lance alors sur la piste de ses ancêtres, jusqu’à Saint-Pétersbourg. De cette enquête découlera un roman, publié sous le pseudonyme de Kolt, qui rencontrera un succès phénoménal. Grâce à ce livre, Nicolas pense en avoir fini avec les fantômes du passé. Pourtant, lors d’un séjour dans un hôtel de rêve sur une île toscane avec sa fiancée, il verra s’accumuler orages et périls, défiler sa vie et se jouer son avenir. Avec beaucoup d’autres mystères à élucider, il sait que son prochain roman s’écrira « à l’encre russe ». Roman à tiroirs assez intéressant qui est aussi une réflexion sur l’identité et sur l’écriture.


    Club de lecture du 6 Mai  2014 : Colette

    Biographie : née en 1873, fille du capitaine Colette et de Sidonie Landoy appelée « Sido », Colette a eu une enfance heureuse dans son village de Bourgogne, St Sauveur en Puisaye. Très jeune, elle épousa Henry Gautier-Villars, dit « Willy », éditeur qui fit travailler une équipe de nègres dont Colette. Il encouragea cette dernière à écrire toute la série des Claudine qu’il publia sans gêne sous le nom de Willy dont elle divorça d’ailleurs en 1906. Elle débuta en 1905 une carrière au Music Hall, suivie de 6 années de scandale, d’aventures féminines et de travail d’écrivain. En 1912, elle épousa Henry de Jouvenel, homme politique et journaliste dont elle aura une fille, Renée surnommée « Bel-Gazou ». Son second mari la trompe, elle, de son côté va initier à l’amour le fils de celui-ci (17 ans) pendant 5 ans, ce qui lui inspira «Le blé en herbe ». Divorcée et remariée à Maurice Goudeker, elle fréquenta souvent la Côte d’Azur où elle écrivit plusieurs oeuvres. En 1945, elle fut élue à l’Académie Goncourt dont elle devint la présidente 2 ans plus tard. Elle mourut en 1954 et eut droit à des obsèques nationales.

    Chéri (1920). Léa de Lonval, une courtisane de près de cinquante ans, est la maîtresse de Fred Peloux, appelé Chéri, qui a la moitié de son âge. À mesure qu'elle éprouve le manque de conviction croissant de son jeune amant, Léa ressent, avec un émerveillement désenchanté et la lucidité de l'amertume, les moindres effets d'une passion qui sera la dernière. Pourtant il suffira à Chéri d'épouser la jeune et tendre Edmée pour comprendre que la rupture avec Léa ne va pas sans regrets. Roman intéressant pour l’analyse psychologique des personnages mais  vocabulaire et expressions parfois désuets. L'auteure en effectua une adaptation théâtrale  et donna une suite à ce roman en 1926 dans « La Fin de Chéri ».

    Sido (1930). Les vrilles de la vigne (1906). La 1ère partie est consacrée à la mère de Colette, appelée tendrement Sido, qui aimait le luxe et Paris, ainsi qu’à son père « le capitaine » qui l’avait initiée à la littérature. Dans la seconde partie, Colette aborde des sujets qui lui tiennent à coeur : la nature, les animaux de compagnie de son enfance, sa liberté, l’amour, ses souvenirs mais aussi ses moments de solitude. Livre écrit de manière poétique mais qui peut paraître désuet à notre époque.

    La chatte (1933). Camille et Alain sont deux amis d’enfance dont les parents ont arrangé leur mariage. Alain, enfant gâté et très choyé par sa mère, partage des moments privilégiés avec sa chatte Saha à laquelle il prête des sentiments quasi humains. Peu à peu, ces attentions exagérées vont exaspérer Camille qui essaie de se débarrasser de l’animal.  Camille avoue alors à son mari son geste dicté par la jalousie ce qui provoque la séparation entre les deux jeunes gens, peut-être provisoire…Lecture agréable.

    Gigi (1944). Un des rares romans d’amour de Colette au dénouement heureux. Gigi une jeune fille de 16 ans vit dans un milieu frivole entre sa grand-mère et sa tante qui la destinent à la vie de « mondaine » pour ne pas déroger aux habitudes familiales. La ténacité et la maturité de cette jeune fille en apparence naïve sauront avoir raison de ces perspectives non désirées pour parvenir à une union heureuse. Agréable à lire.

    La chambre à dormir dehors (édité en 2001) : c’est ainsi que Colette nomme une partie du jardin provençal qu’elle fréquente depuis l’enfance. Les textes choisis dans ce livre témoignent  d’un attachement sans faille à la nature et d’un lyrisme tranquille où perce un sens aigu de l’observation. La jeune calligraphe H. Favier fait passer dans son illustration toute sa passion pour l’écrivaine.
    Un bien grand amour. Lettres à Musidora (1908-1953). Edité en 2014,  recueil de correspondance de Colette amie-mère de Musidora qu’elle a rencontrée au sortir de l’enfance. Ces lettres constituent une série de portraits et de souvenirs de l’auteur dans son style faussement léger. La jeune fille aux multiples talents saura retenir l’amitié protectrice de Colette jusqu’à la mort de celle-ci. Agréable à lire mais on regrette de ne pas avoir en retour les lettres de Musidora.


    Club de lecture du 8 Avril 2014 : Sujet libre

    Trois jours chez ma mère de François WEYERGANS (écrivain d’origine belge né en 1941) . Prix Goncourt 2005 pour ce roman  où l’auteur en est le héros. « Après tant de rencontres et de souvenirs, je me disais qu’on n’écrit que pour sa mère, à la jeune femme qui l’a mis au monde, à celle dont on l’a séparé le jour de sa naissance. Ce soir, j’aurais aimé lui envoyer un fax, lui écrire que je viens de mettre un point final à un livre que j’ai décidé de terminer quand après sa chute, j’ai passé 3 jours chez ma mère ». Livre attachant, très psychanalytique, facile et agréable à lire.

    Sigmaringen de Pierre ASSOULINE (journaliste, romancier et biographe français né en 1953). 1944, en Allemagne à Sigmaringen, région relativement épargnée par la guerre. Hitler demande à la famille princière des Hohenzollern d’évacuer leur château afin de le mettre à la disposition du gouvernement français en exil. Débarquent le maréchal Pétain, le président Laval, quelques ministres tous avec leurs épouses respectives. Pour les servir, une partie du personnel allemand reste sur place sous l’œil vigilant de Julius Stein, majordome en chef, personnage principal de ce livre et narrateur des évènements. Récit bien mené, écrit dans un style agréable.

    Le marchand de Bergerac (2007) de Guillemette de LA BORIE. Le roman se situe au tout début du XXème siècle, en Dordogne (Bergerac et alentours), région prospère et bastion du protestantisme. Il présente tous les ingrédients du roman du terroir, problèmes économiques inhérents au désastre du phylloxéra, exode des petits paysans mais aussi évolution notable de la notion de « marché » pour l’exportation vinicole. Avec l’inévitable rencontre sentimentale difficile mais réussie dans le contexte douloureux de la loi de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Moment de lecture agréable, écriture fluide.

    Un Château sur la lune de Jean-Claude BOUILLON-BAKER, fils adoptif de Joséphine Baker (1906-1975) et de Jo Bouillon, chef d’orchestre de Joséphine. Celle-ci, née avec le teint chocolat dans une banlieue sombre de St louis dans le Missouri, connaît une enfance misérable et difficile à l’époque de la ségrégation. A 15 ans elle va commencer sa carrière artistique. Sous les paillettes de cette star de la chanson et de la danse se cache une femme de coeur et de courage. Résistante pendant la seconde guerre mondiale, engagée dans la lutte contre le racisme, elle va au faîte de sa carrière avec son mari, adopter 12 enfants de nationalité et de religion différentes. C’est au château de Milandes qu’elle vivra avec sa tribu. Jusqu’au jour où les dettes la rattrapent. Témoignage filial bouleversant qui rend un hommage poignant à une grande figure du XXème siècle.

    La virevolte ( 1994) de Nancy HUSTON, écrivaine franco-canadienne, née en 1953 au Canada, d’expression anglaise et française. L’héroïne, Lin, mène une vie harmonieuse entre son mari et ses deux filles. Elle vit raisonnablement la passion de son métier de professeure de danse jusqu’au jour où elle choisit de quitter son foyer pour diriger une compagnie de danse au succès international. Livre grave qui se déroule sur plus de 20 ans, et parle de maternité, passion et choix de vie. Très intéressant mais un peu déroutant par l’écriture souvent faite de phrases et de paragraphes très courts, sans liaison.

    Voyage en Martinique par une des lectrices, revenue enchantée de son périple. Très beaux paysages différents entre le nord de l’île montagneux, avec des routes difficiles mais de bonne qualité, la Montagne Pelée culminant à 1400m, St Pierre encore ravagée par l’éruption du volcan. Et le sud plus touristique, plus fleuri, avec des maisons plus bourgeoises. Ile très bien entretenue partout.


    Club de lecture du 11 Mars 2014 : Les romans policiers nordiques

    Matti RONCA, finlandais, né en 1959 : Frontière blanche (2013). Ex-agent du KGB, Viktor Karppa a quitté sa Russie natale pour la Finlande. A Helsinki, devenu détective privé, il rend parfois service à des mafieux locaux, traversant la frontière pour prendre possession de documents, d’alcool ou de cigarettes. Aarne Larsson lui demande de retrouver sa femme Sirje qui n’est autre que la sœur d’un estonien, trafiquant de drogue. Cette enquête va soudain intéresser beaucoup trop de monde à son goût….Premier roman très intéressant.

    Henning MANKELL, suédois, né à Stockholm en 1948: L’homme qui souriait (2005). L’inspecteur Kurt Wallender, épuisé et déprimé s’apprête à donner sa démission quand son vieil ami qui lui a demandé de l’aide pour enquêter sur la mort de son père meurt à son tour, tué par balle. Il décide donc de reprendre du service et de se charger de l’affaire qui va le mener jusqu’à un richissime propriétaire connu dans le monde entier. Livre bien écrit avec des personnages attachants et une enquête bien menée.

    Camilla LACKBERG, suédoise, née en 1974: La princesse des glaces (2008). Erica Falk va enquêter sur une histoire sordide : la mort d’une amie d’enfance retrouvée dans sa baignoire, les poignets tailladés. Suicide ou meurtre ? L’action nous plongera dans un monde de ragots et de secrets de famille. Livre trop long (400 pages) malgré une histoire intéressante et bien écrite et des moments captivants.

    Article du journal « LE PARISIEN »  de 2013 sur le roman policier suédois : la qualité des polars suédois explique leur popularité. En effet, le lecteur suit non seulement une enquête mais aussi la vie quotidienne des policiers. Quelques auteurs remportent un énorme succès : Steg Larsson avec la trilogie « Milliénium » (4 millions d’exemplaires vendus en France), Jonas Jonasson avec « le vieux », Katarina Mazetti avec « le mec de la tombe d’à côté ». La France cèdera-t-elle à son tour au charme de Viveca Sten avec son dernier roman, « la reine de la Baltique » ?

    Jo NESBO, norvégien, né en 1960 à Oslo : L’homme chauve-souris (2003), 1er roman . Une jeune norvégienne est retrouvée assassinée à Sydney en Australie.  L’inspecteur Harry Hole, stéréotype du policier bourru, solitaire, alcoolique et accro au tabac, est envoyé sur place pour participer à l’enquête menée par ses collègues australiens. Tandis qu’il fait connaissance avec une autre culture, les meurtres se multiplient. Les soupçons se portent bientôt sur le monde interlope de Sydney,  mais amènent aussi l’inspecteur à se pencher sur les légendes aborigènes et l’histoire de l’Australie. Et par là- même à faire le point sur ses obsessions, et ses erreurs professionnelles. Bon thriller, dont l’action et le style nous entraînent dans un monde violent et dur.

    Arnaldur INDRIDASON, islandais, né en 1961 à Reykjavik : La cité des Jarres,(2000) 1er roman. A partir d’un cadavre retrouvé chez lui à Reykjavik, l’inspecteur Erlendur apprend que la victime, Holberg, est un personnage peu recommandable, un malfrat doublé d’un violeur. L’affaire remonte à une quarantaine d’années et le roman nous fait passer de la drogue aux viols, aux meurtres, aux abus sexuels d’un père sur sa fille et aux vols d’organes (d’où  le titre, la cité des Jarres étant l’endroit où sont stockés les bocaux de verre contenant des organes conservés dans le formol). Livre d’une noirceur pesante et glauque, avec beaucoup de longueurs dans les descriptions.

    Club de Lecture du 11 Février 2014 :Le siècle des LUMIERES
    Histoire de la littérature française (Extraits)  de CROUZET
    Géo  Histoire : voir l’Histoire et comprendre le monde
    Bordas XVIIIèmes.  (collection Lagarde et Michard)
    Un important courant philosophique traversa la pensée européenne au XVIIIèmes.  Les philosophes Voltaire, Madame du Châtelet, Rousseau, Montesquieu, Diderot, d’Alembert, Buffon…  utilisèrent les idées issues des progrès scientifiques pour mener une réflexion sur le mode de gouvernement et sur la société ; dénoncer l’ignorance et l’intolérance. La science détrôna la métaphysique ; des liens s’établirent entre littérature et beaux-arts. La France connut alors une brillante civilisation et un art de vivre raffiné, servant de modèle à l’Europe.
    VOLTAIRE, grand polémiste, sa pensée penchant dans la controverse, a souvent détruit mais sut apporter les « éléments pour une réforme positive de la société». Souvent il fit l’éloge de la démocratie car il jugeait les hommes « naturellement libres et égaux ».
    ROUSSEAU, dénonça la corruption de la nature humaine et affirma que le progrès social renforçait les inégalités ; par contre dans ses romans il exalta le retour à la nature et au sentiment amoureux.  MONTESQUIEU  fit parler les « visiteurs persans » pour critiquer la Cour et la société française.  DIDEROT et d’ALEMBERT réalisèrent leur projet en  dressant un « tableau des savoirs, une généalogie des sciences et le progrès de l’esprit humain ».
    BUFFON définissait pour le public « l’esprit scientifique » : le vrai savant doit « s’élever jusqu’aux grandes lois de la nature » en observant, en restant indépendant et en essayant de s’expliquer le « comment » des choses et non le « pourquoi ».
    La principale cible des philosophes fut l’Eglise considérée comme un obstacle au progrès : la politique et la religion, même si cette dernière fut nécessaire à l’ordre social,  devaient être séparées. Le début du siècle fut marqué par le « rationalisme philosophique » , et la seconde moitié par la sensibilité du « préromantisme ».

    Candide  de VOLTAIRE : conte extravagant, cruel fantastique, plein d’humour et de sagesse.
    Le philosophe y dénonce l’éternelle quête de l’humain pour s’emparer du bien des autres, ainsi que tous les mauvais penchants des hommes ; le héros est un personnage fidèle, aimant, attachant, reconnaissant envers sa famille adoptive. En conclusion, on n’a pas besoin de beaucoup pour être heureux :  « cultiver son jardin » apporte beaucoup.
     
    Textes et Débats  de J.CL. BONNET : Diderot responsable de l’Encyclopédie  Le philosophe mena cet ouvrage comme un chef d’entreprise, recruta de nombreux rédacteurs pour écrire les articles ; il visita les ateliers pour discuter avec les ouvriers, accompagné d’artistes pour faire les croquis des machines, outils, pièces détachées et assemblages et le maniement nécessaire à leur emploi… les sciences mécaniques devenaient un « art ».

    Œuvres esthétiques de DIDEROT : le critique d’art.  Il parcourut les « Salons » des grands artistes, La Tour, Chardin, Greuze, Van Loo, Vernet… afin d’en faire les critiques, et dut pour cela trouver un langage approprié à l’événement et faire un texte court et bien ciblé. Il fréquentait les ateliers des artistes, les interrompant, les interrogeant, étudiant leur technique et savoir-faire. Il s’acquitta de cette tâche de 1759 à 1781.

    Madame Voltaire, de Gilbert MERCIER : Emilie née en 1725, fille du Baron de Breteuil, fut douée pour tout : latin, allemand, grec, musique, danse, chant lyrique et théâtre. Elle épousa le Marquis du Châtelet ; devant ses grandes capacités, son mari lui accorda toute liberté. Elle rencontra le mathématicien Mauperthuis qui devint son amant. Voltaire, tombé en disgrâce à cause ses « Lettres Philosophiques », fut accueillit par Emilie au château de Cirey sur Blaise ; leur liaison durera 15 ans et une grande collaboration intellectuelle s’établit entre eux car Voltaire se montra toujours admiratif envers elle.  En 1748, Voltaire délaissa Emilie ; cette dernière rencontra Jean-François Lambert. Elle mourut un an plus tard en donnant naissance à une petite fille. Récemment ont été découvertes, à Rosnay l’Hôpital (Aube), de nombreuses pages de calculs et d’écrits d’Emilie du Châtelet.

    Club de lecture du 17  Décembre 2013 : Sujet Libre

    De la lumière à l’oubli de Michel DRUCKER (2013). Lorsque l’artiste n’est plus au sommet de sa gloire, il tombe dans cette « petite  mort » par suite du désamour de ses pairs et du public. Il en va de même dans le domaine de l’audiovisuel où l’on peut être congédié du jour au lendemain. Ce dur désir de durer, M. Drucker le raconte comme personne. Livre intéressant.

    Dans le café de la jeunesse perdue de Patrick MODIANO  (2007). Au début des années 1960, la bohème littéraire et étudiante se retrouve au Condé, un café de l'Odéon, avec parmi les habitués, les quatre narrateurs du roman. Chacun dans le désarroi tente de s’inventer une existence rêvée, notamment Louki qui tente de s’échapper par la fuite. A lire.

    L’appel sauvage de Jack LONDON (1876-1916), romancier américain. Intitulé aussi «  l’appel de la forêt », ce roman publié en 1903 raconte comment un chien domestique, vendu à la suite d'un concours de circonstance comme chien de traîneau à l'époque de la ruée vers l'or, revient à ses instincts naturels une fois confronté aux pièges et à la rudesse du Yukon (état du nord Canada).Les images de mort, de cruauté sont omniprésentes tout au long du récit. London décrit la jungle du Wild comme un monde dominé par la peur. Très beau roman.

    Les Cavaliers de Joseph KESSEL (1967). L’action se situe en Afghanistan, de Kaboul aux grandes steppes. C’est un roman épique, où les personnages sont « trempés », racontant une très belle aventure néanmoins féroce. Roman riche et passionnant.

    L’idéaliste de John GRISHAM, auteur américain de thrillers, né en 1955. Ce roman décrit les débuts laborieux d’un étudiant en droit, timide, spécialisé dans les problèmes juridiques des personnes du 3ème âge. Il va devenir célèbre en dénonçant une affaire scandaleuse mais l’ambiance, la découverte de toutes les intrigues, des mensonges et les attaques de toute sorte arriveront à le dégouter du métier d’avocat. Livre intéressant et facile à lire, qui nous fait pénétrer d’emblée dans le monde peu reluisant des tribunaux en Amérique.

    Mon père m’a vendue de Sean BOYNE,  rédacteur en chef au Sunday-World, l’un des plus grands journaux irlandais. Ce récit est l’histoire vraie de Nuala, une jeune irlandaise de 16 ans dont le père l’a non pas donnée en mariage mais vendue contre la somme de 2500 livres et une voiture, à un fermier beaucoup plus âgé qu’elle! Témoignage choc qui nous révèle des pratiques barbares à l’aube du XXIème siècle. Livre très bien écrit et révoltant.

    Limonov d’Emmanuel CARRIERE, né en 1957, fils de l’académicienne Mme Hélène Carrère d’Encausse. Limonov est un personnage réél, russe né en 1943 dont l’auteur qui a vécu en Russie, présente la biographie. Il y raconte surtout les « coulisses » de l’histoire du communisme à partir de Brejnev. Livre très intéressant mais dense, qu’il faut prendre le temps de lire.

    Marina, de Carlos RUIZ ZAFON, écrivain espagnol né à Barcelone en 1964. Ce roman paru en 1999, isolé par rapport aux 2 trilogies de l’écrivain,  se passe dans la Barcelone des années 1980. Oscar 15 ans a l’habitude de fuir le pensionnat où il est interne. Au cours d’une de ses escapades, il fait la connaissance de Marina qui l’entraîne dans un cimetière oublié de tous  et des aventures qui réveillent une vieille tragédie. Livre facile à lire, mélange de genre à la fois fantastique, sentimental et policier, pouvant s’adresser à un jeune public. On passe un bon moment malgré une fin triste.


    Club de lecture du 19  Novembre 2013 : Les romans courts

    De Philippe DELERM, écrivain français né en 1950 :
    Il avait plu tout le dimanche (1998). Arrivé à la gare du Nord, M. Spitzweg  va savourer sa journée à Paris, avec ses plaisirs de l’existence. Léger et agréable à lire.
    Le portique, paru en 1999. Avec ce roman, l’auteur nous trace non sans humour, le portrait d’un professeur de lettres, soudain assailli par un mal-être. Le portique qu’il va construire dans son jardin représente ses préoccupations mais aussi un symbole (lieu de rencontres des philosophes grecs).Intéressant et facile à lire.
    Ma grand-mère avait les mêmes, récit paru en 2008 sur le goût des mots et des expressions de la langue française. L’auteur décortique les petites phrases toutes faites, anodines en apparence mais qui peuvent cacher bien des pensées secrètes. Très amusant à lire.

    De Maxence FERMINE, romancier français né en 1968 :
    Neige, son 1er roman paru en 1999 qui  a connu un grand succès et raconte l’histoire de Yuko, un jeune japonais qui compose des haïkus. Original et facile à lire.
    Noces de sel (2012), tragique histoire d’amour qui se passe en Camargue. Beaucoup de clichés.

    Melle Chambon (1996) d’Eric HOLDER, romancier français né en 1960 : Antonio, maçon d’origine portugaise et Anne-Marie employée dans un atelier de maroquinerie vivent à Montmirail avec leur petit garçon Kevin. Un jour, Antonio va chercher son fils à l’école et rencontrera pour la première fois Melle Chambon, l’institutrice. A leur insu, leur vie va être bouleversée. Brève et belle passion racontée délicatement par l’auteur et magnifiquement interprétée à l’écran.

    La mort de la baleine rouge de Théodore MONOD (1902-2000), célèbre naturaliste, explorateur, chercheur, humaniste français : récit-conte de Noël écrit en 25h alors qu’âgé de 25 ans, il se trouvait en 1929 dans le sud algérien. Cela se situe dans les nuits de l’avent de l’an 810, durant les attaques perpétrées par les Vikings afin de piller et ravager les campagnes françaises. Riche, haletant, et superbement écrit, avec un message biblique.

    Le mal de pierres (2007) de Milena ANGUS, écrivaine italienne d’origine sarde, née en 1959. Le mal de pierres ne désigne pas seulement les coliques néphrétiques, mais un mal indéfinissable et tout aussi minéral qui ronge l’âme de la grand-mère de la narratrice, le mal d’amour ou plutôt de manque d’amour. Très bon roman.
    Le bal  (1930) d’Irène NEMIROVSKY (romancière russe de langue française, 1903-1942). Soudainement devenus riches, les Kampf donnent un bal pour se lancer dans le monde. Antoinette 14 ans, rêve d'y participer mais se heurte à l'interdiction de sa mère. Plus que le récit d'une vengeance, ce roman compte parmi les chefs-d’œuvre consacrés à l’enfance.

    Matin brun de Franck PAVLOFF, romancier français né en 1940 : nouvelle (1998) contre la pensée unique et les petites compromissions. Le titre fait référence aux « Chemises brunes », surnom donné aux miliciens nazis des SA.


    Club de lecture du 15 Octobre 2013 : Littérature roumaine

    Terre des affranchis de Liliana LAZAR. Ecrivaine roumaine née en 1972 en Moldavie, qui écrit en français et vit en France. Ce roman à la limite du fantastique et du roman policier se situe en Moldavie roumaine dans les années 1965. C’est une région « sauvage » où les légendes populaires cohabitent avec le culte orthodoxe dans un contexte où les religieux sont étroitement surveillés par le régime communiste de l’époque. Magnifique roman qui se lit comme un conte, envoûtant et palpitant de même que remarquablement bien écrit.

    Œuvre d’Emil CIORAN. Né en 1911 en Roumanie, mort à Paris en 1995. Philosophe et écrivain roumain, interdit de séjour en Roumanie à partir de 1946, il va vivre la majeure partie de sa vie en France. Il travaille sur Kant, Nietzche et Bergson. Il écrit toute une partie de son œuvre en français abandonnant totalement sa langue maternelle, le roumain. Son oeuvre comporte des recueils d'aphorismes ironiques, sceptiques et percutants tel De l'inconvénient d'être né ou Syllogismes de l'amertume, qui en constituent  le noyau essentiel, mais on peut aussi y trouver des textes plus longs et plus détaillés.
    D'une façon générale, l'œuvre de Cioran est surtout marquée par son refus de tout système philosophique. Bien plus qu'un simple pessimisme, son scepticisme philosophique demeure probablement son caractère le plus marquant. Cioran, dont les écrits sont assez sombres, fut d'ordinaire un homme plutôt gai et de très bonne compagnie. Il déclare avoir passé sa vie à recommander le suicide par écrit mais à le déconseiller en paroles car, au premier chapitre, cela relève du monde des idées alors que, dans le second, il fait face à des interlocuteurs de chair et de sang. Il affirme qu'il existe une supériorité de la vie face à la mort : celle de l'inconnu qui n'est fondée sur rien de logique ou de cohérent et ne fournit pas l'ombre d'un argument justifiant que l'on s'y accroche ou s'y maintienne. Au contraire, la finalité de la mort, elle, demeure toujours claire et certaine. Selon Cioran, seul le mystère de la vie et la curiosité qu'elle suscite constituent une raison de continuer à vivre. Pas toujours facile à lire mais intéressant.

    Mircea ELIADE, Né en 1907 à Bucarest, il a vécu aux Indes de 1928 à 1932. Philosophe, historien des religions, mythologue et romancier roumain, il parlait et écrivait 5 langues couramment. Titulaire d’une chaire d’histoire des religions à Chicago où il meurt en 1986.
    La nuit bengali (1933). Traduit du roumain, ce roman sans doute autobiographique décrit comme une autopsie la violente passion entre Allan un ingénieur européen parti travailler en Inde et Maitreyi la fille de ses hôtes indiens. Amour malheureux puisque religion et traditions indiennes séparera les amants. Récit délicat, empreint de sensualité et d’une nostalgie douloureuse, envoûtant et bien écrit.
    Noces au paradis (1981), également traduit du roumain. Dans un refuge des Carpathes, au cours d’une interminable nuit blanche, 2 hommes se racontent l’amour de leur vie. Peu à peu on comprend que Léna et Iléana ne sont qu’une seule et même personne, qui disparaissait dès que ces 2 hommes lui parlaient de devenir leur femme. Beau roman d’amour avec une évocation très raffinée de l’héroïne, enchanteur et très bien écrit.


    Club de lecture du 24 Septembre 2013 : Sujet libre

    Les petits bonheurs de Bernard CLAVEL (1923-2010). Roman paru en 1999 où l’auteur qui a perdu ses parents très jeune, nous offre des petits riens, forme de bonheurs qu’il ne lui a jamais été donné de retrouver. Il feuillette, égrène ses souvenirs, transmet ses émotions, s’investit avec sensibilité pour ressusciter un passé entouré d’une mère attentive et d’un père secret qui lui a transmis l’amour d’une œuvre bien faite. Livre écrit à la mémoire de tous les êtres qui ont illuminé sa jeunesse, très facile et très agréable à lire.

    Monsieur Loo, le roman d’un antiquaire asiatique de Géraldine LENAIN. Biographie du plus grand marchand d’art asiatique qui fit découvrir à l’occident au début du XXème siècle les « chinoiseries », la sculpture monumentale, les fresques bouddhiques, les bronzes et jades de l’époque archaïque dont on peut en voir certains au musée Guimet à Paris. L’arrivée de Mao en 1949 mettra un terme à l’activité de l’antiquaire qui mourra 8 ans après la révolution chinoise. L’auteure a exploité pendant 6 ans les archives conservées par son petit-fils. Livre passionnant.

    Portrait Sépia d’Isabelle ALLENDE, née en 1942 au Chili, nièce du président Salvador Allende. Publié en 2000, ce roman se passe à la fin du XIXème siècle en Californie, en Europe et au Chili. La narratrice Aurora del Valle raconte son parcours et celui de son entourage. Oeuvre envoûtante qui plonge dans la profondeur de la mémoire et les secrets de famille. Ecriture simple et agréable malgré la description un peu déroutante au début des nombreux personnages.

    La liste de mes envies de Grégoire DELACOURT, né en 1960. Après « L’écrivain de la famille », couronné par de nombreux prix, l’auteur raconte une histoire folle et forte d’amour et de hasard. Une histoire lumineuse aussi qui invite à revisiter la liste de nos envies. Lorsque Jocelyne, mercière à Arras, découvre qu’elle peut désormais s’offrir ce qu’elle veut en gagnant à la loterie, elle se demande s’il n’y a pas plus à perdre. Proverbe bien applicable à ce roman: l’argent ne fait pas le bonheur mais y contribue. Très bon livre bien écrit.

    Le neveu du Négus d’Andrea CAMILLERI, écrivain sicilien né en 1929, auteur aussi de séries policières (commissaire Montalbano), très populaire en Italie. Sicile1929 : l’école d’ingénieurs des mines d’une petite ville accueille comme élève, le neveu du Négus Haïlé Selassié, empereur d’Ethiopie ( historiquement vrai).Tout le monde fasciste et politique est aux abois car il faut céder à tous les caprices du jeune prince, grand amateur de femmes et joueur invétéré. L’originalité du récit qui est une pure fiction réside dans l’écriture sous forme de lettres, de télégrammes, de plis confidentiels d’un ministère à l’autre, entre la capitale et la région de Sicile. Livre amusant qui par sa structure change d’un roman ou d’une biographie classique.

    Les énigmes du cœur d’Henry JAMES (1843-1916). Un jeune dilettante, une héritière sans charme, une demoiselle enfermée dans un palais vénitien, une enfant sage et une gouvernante submergée de désirs et d’angoisses représentent chacun les héros de ce recueil de 5 romans qui nous font pénétrer dans l’univers envoûtant de l’écrivain américain. Etude très approfondie des sentiments, livre bien écrit, avec cependant quelques descriptions assez longues.

    Les orgues refusent de jouer leur requiem, article du journal « LE MONDE » 2013, de Marie Aude Roux et François Wiegel. La France possède 12000 orgues (propriété de l’Etat) dont le plus grand nombre à Paris. Beaucoup sont mal en point. L’image de l’orgue évoquant l’ennui et trop souvent assimilée au culte doit changer.  La fabrique de l’instrument et le savoir-faire en France sont reconnus aux Etats-Unis, au Japon et en Russie. Certains voient dans la facture d’orgue un métier d’avenir.

    Le pain noir Tomes I et II de Georges Emmanuel CLANCIER,  écrivain et poète français né à Limoges en 1914. Cette suite romanesque publiée entre 1956 et 1961 raconte  sur un fond de luttes sociales et morales  la vie difficile des paysans limousins qui deviennent ouvriers porcelainiers à la fin du XIXème siècle. L’auteur s’est inspiré des récits de sa grand -mère à qui il dédie son œuvre. Bien écrit et très prenant, notamment le 1er tome.


    Club de lecture du 25 Juin  2013 : Sujet libre

    Les naufragés de l’île de Tromelin d’Irène FRAIN (romancière et historienne née en 1950). Histoire vraie qui se déroule entre 1761 et 1776 : un navire français l’Utile, avec à son bord un négrier fou et un chargement d’esclaves vivant dans des conditions épouvantables va échouer sur l’île de Tromelin (en breton tour du moulin) dans l’océan Indien. Ceux-ci vont chercher à survivre et  réussiront à construire une nouvelle embarcation pour repartir mais sans pouvoir emmener tout le monde. Extraordinaire aventure, bouleversante d’humanité. L’histoire de ces rescapés va être en partie à l’origine de la 1ère abolition de l’esclavage en 1794 par la République Française. Livre bien écrit, intéressant et facile à lire.

    L’amour au miroir de Ludmilla TCHERINA, ancienne danseuse étoile et chorégraphe de grands ballets à Monte-Carlo, également tragédienne et peintre. Ce 1er roman décrit les coulisses du monde de la danse : un célèbre danseur, Igor Markov, tombe des cintres d’un théâtre dans le flamboiement désespéré d’Icare, pour venir s’écraser sur la scène. A-t-on voulu tuer Markov ? Ainsi commence l’histoire d’une vengeance implacable et d’un grand amour entre 2 hommes, monstres sacrés qui animent une prestigieuse troupe de ballets. Livre très bien écrit qui tient en haleine.

    Cranford d’Elisabeth GASKELL (1810-1865). Fille et épouse de pasteur, elle fait partie de ces femmes écrivains du XIXè siècle qui ont su prendre une place très importante dans la littérature anglaise. Dans ce livre, elle décrit la vie provinciale anglaise de l’époque, dans le petit bourg de Cranford où habitent des femmes seules qui forment un club dont tout homme est exclu. Chapitre après chapitre, l’auteure dépeint minutieusement chaque personnage aves ses habitudes et ses défauts. Son style peut l’apparenter aux sœurs Brontee ou à George Eliot. Lecture très agréable, idéale pour les vacances.

    HHHhH de Laurent BINET, prix Goncourt du 1er roman, paru en 2010. Prague 1942, opération « anthropoïde » : 2 parachutistes tchèques sont chargés par Londres d’assassiner R. Heydrich, le chef de la Gestapo et des services secrets nazis. Ouvrage d’une grande originalité, mêlant le savoir documentaire et l’invention fictionnelle. Très intéressant.

    Musique absolue, une répétition de Bruno LEMAIRE. Si Bruno Le Maire fut ministre de l'Agriculture, il est aussi fin mélomane et désormais romancier. Dans ce roman, il évoque en connaisseur le célèbre chef d'orchestre autrichien Carlos Kleiber (1930-2004), pour qui répéter signifiait tenter quelque chose d’inouï et de nouveau. Un génie aussi perfectionniste qu’imprévisible, angoissé, surprenant, drôle et acharné au travail qui pouvait faire répéter la même mesure pendant des heures à ses musiciens mais multipliait les annulations de concerts. Bien écrit.
    Gatsby le magnifique de Francis Scott FITZGERALD (1896-1940), Ecrivain américain, méconnu par les critiques de son temps qui ne voyaient dans son œuvre que le reflet de sa vie insouciante. L’histoire de ce roman paru en 1925 se déroule dans la région de New York dans les années 1920. Gatsby, jeune homme millionnaire, charmant, au passé trouble vit luxueusement dans une villa toujours pleine d’invités. En fait, il cherche à éblouir Daisy, élégante, riche et séduisante mais épouse d’un homme riche. Sur un air de jazz et avec une écriture toute en retenue qui laisse une grande part à l’interprétation et à l’imagination, l’auteur signe là une intrigue dramatique, révélatrice de son génie aujourd’hui pleinement reconnu.  Très bon livre.
    Club de Lecture du 04 Juin 2013 : Les Voyages.

    Dans les forêts de Sibérie (Février à Juillet 2010) de Sylvain TESSON.  L’auteur né en 1972, aventurier et écrivain, membre de la Société des explorateurs français, a déjà écrit plusieurs livres sur cette région ; il a été couronné du Goncourt de la Nouvelle en 2009 et pour le livre présenté ici il obtint le Prix Médicis Essai en 2011. Il s’installa dans une « isba » au bord du Lac Baïkal durant six mois, à cinq jours de marche du village ; pour seuls compagnons ses deux chiens et la visite des ours. Il a vécu dans la lenteur, la simplicité. Et si la liberté consistait à posséder le temps ? et si la richesse revenait à disposer de solitude, d’espace et silence ?

    La voie cruelle de  Ella MAILLAT…. Nous sommes en 1939 ; l’auteur et une amie partent pour un long périple devant les mener vers l’Afghanistan. Le récit décrit les somptueux paysages des divers pays traversés, des villages abandonnés, des populations rencontrées, des fêtes…. Il y a à la fois des mystères et de la fascination ; l’auteur arrive à intégrer le lecteur dans son voyage ; c’est un livre qui fait marcher « l’imagination » !

    Dans l’Ouest des Etats-Unis : voyage d’une Lectrice en mai 2013. La Californie, très belle région caractéristique par la variété des paysages ; la population aux origines mexicaines dans le sud de cet Etat ; les villes de San Francisco avec ses maisons victoriennes, ses rues en pente (Lombard Street) ; Monterey patrie de Steinbeck et ses otarie dans le port, des éléphants de mer se prélassant sur la plage ; Santa Barbara à l’architecture hispanique ; les plages de Malibu et Santa Monica ; Sacramento, berceau de la découverte de l’or et son centre historique rénové.
    En remontant par Las Vegas et sa démesure, le désert du Nevada, puis l’impressionnant Grand Canyon à survoler en avion, la Vallée de la Mort ; les effets d’érosion à Zabristie Point contrastant avec les paysages verdoyants de Mammoth Lakes et du Lac Tahoe,
    Voyage intéressant et dépaysant à faire en voiture pour ceux qui ne craignent pas les kilomètres !

    Afrique Australe (septembre-novembre2012) et Afrique de l’Est (janvier-Mars2013) : voyages d’une Lectrice  (avec vidéo-projection)
    Namibie, Botswana, Zimbabwe, Afrique du Sud, Mozambique, Tanzanie, Malawi, Kenya….
    Autant de pays, tous différents, des peuples divers, nomades ou sédentaires, accueillants et prêts à vous trouver une solution de bivouac le soir, d’autres un peu plus hostiles aux étrangers et certains franchement menaçants.
    La vie des habitants y est rude, le manque d’eau les obligeant à parcourir de longues distances à pieds afin de trouver un point d’eau, les femmes portant jusqu’à 40 litres sur le dos ! les écoliers, même très jeunes, font 8 à 10 kms à pieds matin et soir pour aller dans une école en pleine nature !
    Des paysages à vous couper le souffle, tantôt arides, des rivières asséchées, ou des inondations catastrophiques ; puis des régions verdoyantes, d’autres désertiques, des lacs et des lacs salés dans des zones volcaniques de la Rift Valley . Une nature sauvage dans d’immenses espaces où vivent les animaux en toute liberté cohabitant parfois difficilement avec les hommes…
    Deux voyages merveilleux, dépaysement total, durant lesquels on apprend à mieux « regarder » et à  « comprendre » les autres civilisations et leur mode de vie. Voyages très enrichissants, hors des sentiers battus des Tours Operator, lorsque le voyageur n’a pas peur de faire des kilomètres sur des pistes parfois infernales !  

    Club de lecture du 14 mai 2013 : Les Celtes

     Les Celtes, de Vencesla KRUTA   collection Que sais-je.
    Etude d’une civilisation reculée des ancêtres antérieurs aux Gaulois et qui permet de lever le rideau sur les Celtes continentaux.

    * La Religion des Celtes, de Patrick RIVIERE.   L’auteur, historien des religions et des traditions anciennes, explique dans son ouvrage le « druidisme », religion commune à toutes les tribus celtes,  ce qui marque leur originalité. Il relate également toutes les fêtes religieuses liées au calendrier celtique et aux saisons, ainsi que leur mode de vie. Livre très intéressant. 

    Les Celtes,  extrait de GEO HISTOIRE : voir l’Histoire et comprendre le Monde.

    La lecture de ces trois livres, ainsi que tous les documents archéologiques et historiques « glanés » sur internet, ont permis de resituer les peuples celtiques dans le temps et l’espace de notre Histoire.

    Les Celtes ont une origine indo-européenne dont le berceau est l’Autriche actuelle. Les historiens et les archéologues situent leur apparition vers 2 000 av. J.C. comme en témoignent les mégalithes ; la découverte des « Chambres d’urnes », datant de 1 250 - 1 100 av.J.C.  retrouvées dans de grandes nécropoles (ouest de la France, le Cher et le Bourbonnais).
    A partir du VIIème siècle av. J.C. les Celtes connurent deux périodes « d’âge d’or » : un grand savoir en métallurgie, une des plus anciennes cultures de l’âge du fer ; nomades, leur expansion vers de nouveaux territoires vers la Grande Bretagne, d’autres vers l’Allemagne du Sud, la Suisse et l’Est de la France et vers la Grèce ; au Vèmes. av. J.C. vers la Hongrie, la Roumanie, le centre de la Turquie, ainsi que vers la Péninsule Hibérique.
    Par la suite on trouve trace des Celtes dans les écrits des grecs et des romains, car les Celtes ont mis à sac Rome en en 387 av. J.C et Delphes a été détruite en 279 av. J.C.
    Ne formant pas un peuple homogène, les Celtes avaient une culture commune basée sur la religion et organisée en tribus, une vie nomade ou villageoise et un tempérament de guerriers. Des citadelles à rôle politique et économique ; à la tête de la tribu un roi chef, en-dessous les nobles, les guerriers et les druides puis venaient les paysans et les esclaves. Les druides occupant une place à part , exemptés d’impôts et non guerriers. La religion celtique, le « druidisme », possédait son calendrier dont les fêtes religieuses et païennes étaient liées au cycle de la nature et dont les dates de nos fêtes modernes sont très proches. Il faut signaler que la femme celte bénéficiait du même statut juridique que l’homme, possédant ses propres esclaves, héritant des biens dont elle jouissait à sa guise, participant à part entière aux conseils qui tranchaient à propos de la guerre ou de la paix.
    Mais le manque de cohésion entre les diverses tribus celtes mène à leur déclin ; repoussés par les Germains venant de l’est et par les Romains venant du sud, ces derniers imposant la défaite à Vercingétorix et aux « Gaulois » à Alésia en 52 av.J.C.  Les Celtes se réfugièrent en Irlande, Cornouailles, Pays de Galles et en Ecosse, pratiquant leurs culte et coutumes jusqu’à la christianisation au Moyen-Âge. La culture celte n’est pas complètement morte puisque des langues celtiques sont encore parlées dans ces régions.

    Réunion très intéressante et enrichissante.   

    Le livre marqué d’une  *  est en médiathèque.
    Club de lecture du 16 Avril  2013 : Sujet libre

    La promesse de l’océan, de Françoise BOURDIN, romancière et scénariste. A Erquy en Bretagne, Mahé, dotée d’une belle force de caractère, est devenue patron pêcheur et a réussi à s’imposer auprès de son équipe de marins. Blessée par l’amour, elle vit une rencontre tumultueuse avec Alan mais le passé resurgit : la disparition en mer 10 ans plus tôt de son fiancé et la découverte peu après de sa trahison. Ces deux êtres pourront-ils réapprendre à aimer ? Roman intéressant qui décrit aussi le combat de cette femme dans un milieu professionnel masculin.

    La lettre perdue, de Martin HIRSCH. Il s’agit de celle que l’auteur a reçue de son père lors de son admission à l’Ena. Il la conserve dans sa serviette tel un talisman qui le suit dans toutes ses fonctions. Mais le 22 mars 2010, alors qu’il quitte le gouvernement Fillon, elle sera égarée dans l’effervescence d’un déménagement précipité. Le désespoir de cet incident majeur va conduire l’auteur à reprendre le fil de sa vie avec ses moments essentiels, dans une quête éperdue mais passionnante de reconstitution. Lecture magnifique qui interpelle en permanence devant l’immensité et les perplexités des tâches à accomplir.

    Le testament du Titien, d’Eva PRUD’HOMME, professeure d’histoire. Le roman est une énigme policière ou politique se déroulant dans la Venise du XVIème siècle, alors ravagée par la peste. Au moment de sa mort, le peintre Le Titien révèle comme un testament une affaire sordide : « j’ai assisté à un meurtre monstrueux que j’ai peint sur une de mes toiles ». A partir de ce témoignage, l’auteur nous entraîne dans les intrigues de palais en décrivant minutieusement les personnages et les diverses nations qui cohabitent dans cette magnifique capitale d’un commerce flamboyant au contact de toute l’Europe, le Moyen Orient et la Chine. Bien raconté, ce livre dévoile la Venise de La Renaissance.

    La femme infidèle, de Philippe VILAIN, né en 1969, écrivain, essayiste, docteur en Lettres Modernes de la Sorbonne. Son œuvre se présente comme une exploration de la conscience amoureuse. Dans ce dernier roman paru en janvier 2013, un homme, le narrateur, apprend par un sms que sa femme le trompe. Cet évènement donne lieu à une analyse introspective du narrateur qui décrit son comportement et sa souffrance face à cette situation et son évolution progressive par rapport à l’idée qu’il se faisait de l’amour et du mariage. Malgré une fin plus optimiste, ce roman intéressant et très bien écrit laisse une impression assez sombre du couple.


    Club de lecture du 19 Mars 2013 : Sujet libre

    Vivre pour la raconter de Gabriel GARCIA MARQUEZ, né en 1927.
    Publié en 2002, ce roman raconte la jeunesse et l’enfance de l’auteur dans son pays encore sous le coup de la guerre des 1000 jours : la Colombie des années 30-50. Souvenir d’un monde réinventé ou déformé, peuplé de son grand-père ou de femmes au caractère trempé, de rencontres hors du commun et de condisciples surprenants qui émailleront sa vie. Fêtes, alcool et nuits agitées seront les pendants de son monde journalistique, artistique et littéraire. Facile à lire et très distrayant.

    L’oubli de Jean-François DENIAU né en 1926.
    Ancien diplomate, ministre, député européen, membre de l’Académie française,  Jean-François Deniau est un grand voyageur ; il connaît bien le Vietnam,  ce qui a inspiré son roman. Un jeune Eurasien, fils de légionnaire combattant d’Indochine et d’une congaï  veut retrouver ses parents mais aussi les traces du peuple Cham longtemps dominant et à présent disparu. Ce sera une longue et douloureuse quête. Roman facile à lire, attachant et émouvant.

    Parler d’amour au bord du gouffre de Boris CYRULNIK, né en 1937.
    Cet auteur est neurologue, psychiatre, psychanalyste et éthologue. Ce livre traite, à travers de nombreux cas de souffrances et traumatismes divers, de cette « résilience »,  capacité d’un individu de faire naître le meilleur de sa souffrance. L’auteur explique que le processus de résilience dépend du bagage qu’aura la personne pour se battre et de sa culture. La rage de comprendre l’objet de sa souffrance peut déboucher sur le bonheur de vivre après traumatisme. Livre très intéressant mais assez difficile à lire.

    Anna Karénine de Léon TOLSTOÏ, écrivain russe (1828-1910).
    Ce roman est inspiré d’ un fait divers, le suicide d’une femme abandonnée par son amant, voisin et connaissance de l’auteur. Il oppose le calme bonheur d’un ménage honnête formé par Lévine et Kitty aux humiliations et déboires qui résultent de la passion coupable et tragique d’Alexis Vronsky et Anna Karénine. On assiste également à un tableau critique de la noblesse russe et de la Russie de la fin du XIXème siècle où les idées libérales et progressistes de l’occident commencent à saper les structures traditionnelles. Roman très riche, d’une grande profondeur psychologique et magnifiquement écrit.

    Article sur Goethe, poète et génie du vivant, de la revue « PLANTES et SANTE ».
    Si ses chefs-d’œuvre ont marqué la littérature, Goethe considérait ses travaux sur les plantes bien supérieurs. Or, lors de sa sortie en 1790, « la métamorphose des plantes » est vivement critiquée. Plus tard au début du XXème siècle, Rudolf Steiner le fondateur de l’anthroposophie, contribue à faire connaître les travaux de Goethe en les rééditant. Aujourd’hui les recherches récentes semblent valider l’intuition du poète pour qui la feuille contient toute la plante. Il s’agit d’accueillir celle-ci dans une sorte de méditation jusqu’à la rencontre avec la nature profonde de cet être vivant.

    Article sur le secret de Stradivarius dévoilé du journal « LE MONDE ».
    Depuis la mort à 93 ans de l’italien Antonio Stradivari, des générations de luthiers, de musiciens, d’acousticiens et de chimistes avaient tenté de percer le mystère de ce violon d’exception, le  Stradivarius. Il semblerait que ce soit la composition du vernis et après 4 années de recherche, on connaît la structure exacte du revêtement secret. Mais le mythe demeure par la perfection du travail et la méthode  très  accomplie. Il resterait aujourd’hui encore 650 instruments sortis de son atelier et d’une valeur inestimable.


    Club de lecture du 26 février 2013 : Romans policiers

    Des clous dans le cœur, de Danielle THIERRY.
    L’auteure connaît le milieu policier de l’intérieur en y ayant fait une brillante carrière et en ne cessant de militer pour un engagement actif de la police dans la société. Ce livre a obtenu le prix du « quai des orfèvres » 2013. Miné par les excès et la maladie, le commandant Revel bourru, taiseux et rogue enrage devant les affaires non résolues à la PJ de Versailles : morts suspectes, disparitions…Son équipe respecte les mystères du patron et au-delà de la simple vérité due aux familles, la vérité complexe d’un grand flic dont le courage en impose à la mort, celle des autres comme la sienne. Livre très bien écrit un peu long parfois mais qui laisse une bonne impression.

    La rivière noire d’Arnaldur INDRIDASON
    L'auteur est journaliste et critique de cinéma islandais, né en 1961. Runolfur, rencontre un soir dans un bar une jeune femme qu’il parvient à droguer et à ramener chez lui presque inconsciente. Au matin, Nina se réveille sans aucun souvenir, comprend qu’elle a été violée et voit le corps de Rinolfur gisant ensanglanté. L’enquête qui va de rebondissements en rebondissements déterminera qui est le véritable assassin. Roman agréablement surprenant malgré une mise en condition un peu longue.

    Betty, d’Arnaldur INDRIDASON.
    Véritable et étrange machination autour de 3 personnages principaux dont l’un est subjugué par un amour aveugle, pitoyable et destructeur envers Betty, la femme fatale qui fascine et envoûte. Hommage au roman « noir », ce livre réserve à la fin une surprise phénoménale où le lecteur se rend compte qu’il a été complètement mystifié. Roman passionnant, d’une maîtrise narrative extraordinaire.

    La nuit des juges, de Frédéric LENORMAND.
    L'auteur, né en 1964, est spécialisé dans les policiers de la Chine ancienne. Magistrat sous le règne des glorieux empereurs Tang en Chine en l’an 664 de notre ère, le juge Ti s’ennuie. Jusqu’au jour où il est convoqué dans une autre ville ainsi que 6 autres juges pour un poste à pourvoir. En pleine Renaissance mystique et triviale, une compétition où tous les coups sont permis s’ouvre entre les 7 juges. Mais le meilleur reste le juge Ti, personnage historique, enquêteur le plus populaire du roman traditionnel chinois. Livre intéressant et facile à lire. 

    Katiba, de Jean- Christophe RUFIN.
    L'auteur, né en 1952, est médecin, historien, écrivain et diplomate français. Il a été élu en 2008 à l'Académie française dont il est le plus jeune membre. Ancien président d'Action contre la faim, il a été ambassadeur de France au Sénégal et en Gambie. L'aventure commence dans le désert mauritanien. Quatre touristes italiens sont fauchés par des rafales de mitraillette. Tandis qu'une katiba (un groupe armé mobile) s'ébroue dans le désert, dans une zone floue entre Sud-Algérie, Nord-Mali, Est-Mauritanie, qu'un dissident rassemble ses troupes, cherche un autre point d'où faire sa guerre et s'emparer de son rival, l'attention se porte vers Paris. Nous pénétrons par l’intermédiaire de l’énigmatique Jasmine dans les opérations mystérieuses des services secrets. Roman d’espionnage très documenté,  très fort et combien crédible !

    Club de lecture du 5 février 2013 : Ken FOLLETT

    Ken Follett, né le 5 juin 1949 à Cardiff, est un écrivain gallois spécialisé dans les romans d'espionnage et historiques dont on peut reconnaître les caractéristiques suivantes :

    La qualité de la documentation historique réunie pour chaque roman. L'auteur remercie d'ailleurs les documentalistes qui ont collationné ces documents.
    Le style d'écriture « journalistique » de Ken Follett privilégie à la fois les descriptions détaillées des lieux et des situations, les rappels et l'élaboration de la psychologie des personnages, révélée tant par leurs actions que par leurs monologues intérieurs et l'amplitude de leur sentiments. Cette technique narrative se rattache à l’écriture du cinéma et des séries télévisées.

    Le scandale Modigliani (1976). Ils ont entendu parler d’un fabuleux Modigliani perdu et sont prêts à tout pour mettre la main dessus : une jeune étudiante en histoire de l’art dévorée d’ambition, un marchand de tableaux peu scrupuleux et un galeriste en pleine crise financière et conjugale. Qui sortira vainqueur de cette chasse au trésor menée tambour battant de Paris à Rimini, en passant par les quartiers huppés de Londres ? Premier roman enjoué et alerte qui offre une peinture édifiante des coulisses du monde de l’Art.

    Les piliers de la terre Tome I (1989). Fresque médiévale s’apparentant à la Chanson de Geste,  dans  l’Angleterre du XIIème siècle, qui s’inscrit dans un contexte ravagé par la guerre, dominé par l’exercice de pouvoirs absolus. Récit palpitant, où l’amour et la haine se croisent en permanence, avec des passages violents. A travers la construction de la première cathédrale gothique en Angleterre, on assiste à la naissance des corporations, au  rôle important des artisans bâtisseurs, et à l’amélioration sous-jacente des conditions de vie du peuple. Bien écrit et facile à lire.

    La chute des géants. Le siècle.Volume I (2010). En 1911, les grandes puissances vivent leurs derniers instants d’insouciance. Bientôt la guerre va déferler sur le monde…De l’Europe aux Etats-Unis, du fond des mines du pays de Galles aux antichambres du pouvoir soviétique, en passant par les tranchées de la Somme, cinq familles vont se croiser, s’unir, se déchirer au rythme des bouleversements de l’histoire. Ce roman très long mais facile à lire, se situe entre saga historique et roman d’espionnage. La multitude de détails peut le rendre passionnant ou au contraire lassant.

    Club de lecture du 15 janvier 2013 : Sujet libre

    Vingt quatre heures de la vie d’une femme de Stefan ZWEIG (1881-1942). Dans une pension de vacances vers 1904, une discussion oppose plusieurs résidents : un scandale provoqué par une jeune femme qui a fui avec son amant en laissant mari et enfants. Chacun donne son avis, soit en la condamnant soit en lui reconnaissant une certaine honnêteté. Une vieille dame anglaise très distinguée confie à un des « défenseurs » avoir vécu elle-même ce scandale dans sa jeunesse et commence alors son récit…Roman très court et passionnant où l’on retrouve toute la délicatesse et l’humanité de l’auteur.

    Le sermon sur la chute de Rome de Jérôme FERRARI, Prix Goncourt 2012. En Corse, deux enfants du pays ont tourné le dos à de prometteuses études philosophiques pour tenter de transformer un petit bar de village en « meilleur des mondes » selon Leibniz. Mais argent, sexualité et rêves indigents vont amener leurs âmes à se corrompre et à commettre l’irréparable. De l’utopie de Leibniz au sermon consolateur de St Augustin, d’une naissance à une mort, le monde se rétrécit et Jérôme Ferrari décrit en virtuose la fin du monde occidental.

    L’enfant de tous les silences de Kim EDWARDS, premier roman de cette écrivaine américaine. « Notre petite fille est morte à la naissance » : mots terribles prononcés par le Dr Henry à sa femme Norah qu’il a dû accoucher lui-même par une nuit de tempête. En fait, l’enfant mongolienne sera confiée à l’infirmière qui au lieu de l’amener dans une institution spécialisée va l’élever comme son propre enfant. Roman parfaitement maitrisé qui traite des secrets de famille, de la perte d’un enfant et du pouvoir de l’amour.

    La déesse des petites victoires de Yannick GRANNEC (paru en 2012). Premier roman qui retrace la vie de Kurt Gödel (1906-1978) à travers le regard de son épouse. Logicien d’origine autrichienne, qui a vécu aux USA et a été l’ami d’ Einstein. Son existence fut peu commune et méconnue pour un génie singulier au sein des tragédies du XXè siècle. Vibrant hommage au génie humain et à la puissance de l’amour.

    Thérèse Desqueyroux- La fin de la nuit de François MAURIAC (1885-1970). Dans le premier roman paru en 1927, l’auteur dresse le portrait d’une femme en rupture avec son milieu de la bourgeoisie bordelaise. Mariée par intérêt, Thérèse en vient à détester son époux Bernard Desqueyroux jusqu’à tenter de l’empoisonner. Au nom des conventions sociales, l’affaire aboutira à un non-lieu et la coupable rejetée par sa famille se retrouvera seule à Paris. Très belle œuvre magnifiquement illustrée par le dernier film de Claude Miller.
    Le second roman paru en 1935 est plutôt que la suite du premier, « le portrait d’une femme à son déclin » selon l’auteur. 17 ans après, Thérèse rongée par sa faute essaie de trouver le pardon auprès de sa fille Marie. A travers le destin tragique de ce personnage, on retrouve l’atmosphère lourde et sombre de l’œuvre de Mauriac.

    Calanques de Marseille , Article du journal LE MONDE. Menacés par la proximité de la ville, la pollution et la pression touristique en hausse constante, ce joyau et  l’esprit de cabanon des Calanques marseillaises vont-ils disparaître ? Jusqu’à maintenant, les pieds dans l’eau de la Méditerranée, les cabanoniers ne sont pas prêts à abandonner leur mode de vie convivial et nonchalant.


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