Les disques du mois - Mars 2020

Sahari par Aziza Brahim
Musique du monde / Cote : 9.2 BRA

Aziza Brahim est une voix emblématique des Sahraouis. Ce peuple du Sahara occidental, qui, depuis le départ des colons espagnols en 1975, réclame la jouissance d’une terre également convoitée par le Maroc et l’Algérie. Une situation dont découle un tenace conflit durant lequel des milliers de Sahraouis ont été poussés à l’exil. Aziza Brahim a longtemps vécu dans un camp du désert algérien, exprimant en musique la tristesse, la colère et la nostalgie provoquée par ce déracinement. Aujourd’hui, elle vit à Barcelone où elle a rencontré la chanteuse altermondialiste Amparo Sanchez (Amparanoia), qui s’est largement impliquée dans la production de Sahari. Les rythmiques martelées par le tambour traditionnel tabal s’allient aux percussions électroniques et à la batterie. Les lancinantes mélodies inspirées par le désert entraînent guitares, claviers et cuivres dans un harmonieux voyage transcontinental.
La technologie occidentale est au service du chant puissant d’Aziza Brahim, de l’expression de sa cause. En introduction, accompagnée des seuls tabals, elle implore la paix (Cuatro Proverbios) Dans son efficace habillage pop, Hada Jil loue l’intégrité des revendications de la jeune génération. Sur les accents reggae de Las Huellas, en duo avec Amparo Sanchez,  elle se questionne sur la disparition de la conscience. Sur Ard el Hub, elle cède la plume à son compatriote poète Zaim Alal qui décrit l’obscurité de l’exil. Sur le Ahlami final, accompagnée de sa fidèle percussion et d’une guitare, elle énumère tous ces lieux de sa terre natale qu’elle ne visite plus qu’en rêve, mais qu'elle fait admirablement renaître tout au long de ce très réussi Sahari. © Benjamin MiNiMuM/Qobuz

 

Origine(s) par Olivia Gay
Musique classique / Cote : 3.11.43 GAY

Confiante en sa nature profonde, qui résonne au décloisonnement et au cheminement personnel plus qu'à la compétition, la violoncelliste Olivia Gay ose des projets atypiques et inventifs, dont l'exigence et la singularité viennent élargir l'écoute, au disque comme en concert : son premier enregis-trement, Horizon[s] (2018, Ilona Records), donnait à entendre un violoncelle éminemment lyrique au coeur de trois concertos de générations et de styles différents (Vasks, Hersant, Maillard) ; son programme Origine[s], à paraître début novembre sous le même label, tisse étroitement, avec l'accordéo-niste Basha Slavinska et la pianiste Célia Oneto Bensaid, les liens entre musique savante et sources populaires. Pour ce deuxième disque, Olivia a souhaité "retrouver la résonnance originelle" des oeuvres de Schumann, Kodály, Bloch, Piazzolla et Nadia Boulanger avec les sources traditionnelles qui les ont inspirées : des chants populaires allemands, des mélodies hongroises, des prières juives, des musiques argentines et espagnoles qu'elle a arrangées elle-même pour plusieurs voix de violoncelle.(Source : RDM video)

 

The Return par Sampa the great
Rap / Cote : 181 SAM

Le grand retour de Sampa The Great ! La rappeuse présente The Return, un album fort chargé d'un flow impressionant Née en Zambie, élevée au Botswana et aujourd'hui installée en Australie, la rappeuse, chanteuse et poétesse, Sampa The Great a sorti en 2017 sa fameuse mixtape "Birds and the BEE9", saluée par la critique, elle tourne en 1ère partie de Kendrick Lamar ou Lauryn Hill, Joey BadaSS et Ibeyi entre autres. En France, son titre titre "Healer" est playlisté chez radio Nova, elle fait quelques dates parisiennes à son nom. L'annonce de son nouveau single "Final Form", 1er extrait de son nouvel album "The Return" est saluée par les Inrocks, Marie Claire, ID, Radio Nova pour ne citer qu'eux. L'album met en vedette des productions de Silentjay (de Rhythm Section) et Kwes Darko (de Slowthai) ainsi que des collaborations avec Ecca Vandal, Blue Lab Beats, Jazz-collectif Steam Down et bien d'autres. L'album est accompagné d'un documentaire intitulé Homecoming qui explore les différentes thématiques de l'album, et qui a été tourné en Australie, en Zambie et au Botswana.(Source : RDM video)

 

When we all fall asleep where do we go ? par Billie Eilish
Rock / Cote : 2.EIL

« On n'est pas sérieux quand on a 17 ans. » Mais Billie Eilish a tout d'une fille sérieuse et, surtout, à prendre au sérieux. A 16 ans, elle publiait le très remarqué Don’t Smile at Me, un maxi concocté avec son grand frère comprenant les singles Copycat, Bellyache ou encore Ocean Eyes qu'elle postait sur SoundCloud deux ans plus tôt... soit à 14 ans. La critique découvrait la pop efficace parce que torturée d'une adolescente peroxydée, perdue dans des sweat-shirts XXL. Avec When We All Fall Asleep, Where Do We Go?, son titre étrange et sa pochette flippante, Eilish (et ses cheveux sombres) bascule encore un peu plus du côté obscur. Ce qui frappe d'abord, c'est cette production ultraléchée, toujours assurée par Finneas O'Connell, qui claque après une intro où l'ado rigole de son Invisalign, sorte d'appareil dentaire invisible. Puis Bad Guy balance des beats EDM qui viennent trancher avec la langueur de Xanny. Le reste sera de la même trempe : une alternance de douceur et de violence, mêlé de paroles mûres où celle qui a été diagnostiquée d'un syndrome de la Tourette à 11 ans parle de Xanax et de gentilles filles qui rôtiront en Enfer. Dans ce mélange de pop sombre aux basses trap et aux beats creepy, Eilish excelle. Une vraie révélation. © Charlotte Saintoin/Qobuz

 

Cooking par Géraldine Laurent
Jazz / 1.LAU

On prend les mêmes et on recommence ! Avec Cooking, Géraldine Laurent embarque à nouveau toute l’équipe de son brillant At Work de 2015 : Paul Lay (impressionnant) au piano, Yoni Zelnik à la contrebasse, Donald Kontomanou à la batterie et le pianiste Laurent de Wilde à la production. Le temps et les concerts ont logiquement renforcé les liens entre ces amis qui signent ici un disque encore plus symbolisé par le sentiment de puissance que son prédécesseur. Ceux qui la suivent connaissent la chaleur et la force musicale de la saxophoniste. Son chant viscéralement inspiré, sans enluminures gratuites. Et entre ces quatre-là, les conversations comme la communion atteignent une sorte de sommet de cohésion. Personne ne se pose de quelconques questions métaphysiques sur l’état du jazz en 2019, non. On est là pour susciter des émotions propres au jazz et réveiller les fantômes de Sonny Rollins, Wayne Shorter, Paul Desmond ou Eric Dolphy.
D’une certaine manière, ce titre Cooking dit beaucoup de choses. Ce que confirme Laurent de Wilde : « Géraldine voulait l’appeler comme ça parce qu'en musique comme en cuisine, c'est une affaire d'équipe que de doser chaque ingrédient pour la perfection ô combien éphémère du résultat final. Parce qu'un album se conçoit comme un repas et qu'il est possible d'avoir des papilles dans les oreilles. Parce que donner du plaisir s'organise, se pèse, se goûte. Et parce qu'on aime toujours entendre le musicien de passage ressentant ce plaisir lorsqu'il pousse la porte du club et s'exclame, ébahi : Wow... cooking ! » Enfin, si At Work comportait quelques thèmes des grands anciens (Monk, Mingus, Jobim), Cooking est avant tout l’écrin de la plume affûtée de Géraldine Laurent qui signe dix des onze thèmes. Là aussi, ses belles petites vignettes font de l’œil à ses aînés du siècle passé mais sont surtout de vastes terrains de jeu invitant à l’improvisation. On sort revigoré de ces 47 intenses minutes de jazz pur sans conservateur, ni édulcorant. © Marc Zisman/Qobuz

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